A la recherche de la culpabilité perdue…

J’ai beau chercher, et je ne trouve pas trace en moi de sentiment de culpabilité…
Il faut croire qu’elle a été balayée, comme promis, par la pratique des 8ème et 9ème étape (dresser une liste des personnes lésées et réparer nos torts envers ces personnes quand c’est possible).
Heureusement que j’avais préalablement écrit sur le sujet pour en retrouver la trace.
J’avais dit que ce mal être, ce malaise, était lié à mes tentatives pour gérer des situations inextricables. Or, avec mes réunions et la pratique du programme en 12 étapes, je suis de moins en moins interventionniste et je lâche de plus en plus souvent prise vis-à-vis de tout ce que je ne peux gérer moi-même, de tout ce pour quoi je n’ai pas la réponse, et de tout ce qui ne me regarde pas.
En plus hier, j’ai entrepris ma seconde amende honorable (9ème étape) à quelqu’un à qui j’avais fait du mal dans le passé. Et j’ai reçu une très belle réponse d’une personne que je rejetais parce que, au fond de moi, elle représente un idéal de bonté et de spiritualité.
S’il restait un peu de culpabilité enfouie, il ne fait pas de doute que ces nouvelles expériences vont contribuer à l’éliminer, comme par miracle, et des miracles, il y en a souvent.

Une neuvième étape où je reçois une amende honorable !

Il faut encourager tous les amis à se lancer dans ces étapes si difficiles – huitième, neuvième – car elles nous aident à nous guérir de la culpabilité.

Selon la suggestion de Melody Beattie, j’ai fait mes trois listes : celle des personnes que j’ai lésées, celle des personnes qui m’ont lésée et la liste des torts que je me suis causés à moi-même.
Pour chaque nom sur ma première liste, je me suis demandé quelle était ma part de responsabilité. Une cause récurrente, c’est le mépris, la condescendance. C’est presque inné chez moi, ce réflexe de porter des jugements a priori sur les gens, dès le premier regard. Ma marraine m’a suggéré d’accepter ce défaut de caractère au lieu de toujours lutter sans succès contre lui, et depuis il s’estompe. J’ai identifié un cercle vicieux qui a été la cause de presque tous mes problèmes.

  1. Mépris (contre lequel je lutte), d’où
  2. Surcompensation (en faire trop, me forcer à aimer, codépendance) et ce jusqu’à
  3. Epuisement, mais comme je ne sais pas dire commencent
  4. Problèmes, clash, conflits dont je me console par le
  5. Mépris !

Le second point récurrent de ma problématique qui joue une grande part dans ce cercle vicieux est le fait de ne pas pouvoir dire, de ne pas avoir le droit de dire, de ne pas savoir dire les choses.

Suite à ce travail de 9ème étape, l’occasion m’a été offerte d’avoir une discussion honnête (dire enfin, oser dire) avec une personne de mon entourage, et c’est alors que cette personne m’a demandé pardon.

Ce programme est plein de merveilleuses surprises. Comme disent les anglo-saxons, travaille le, ça vaut la peine et tu en vaux la peine : Work it, it’s worth it and and you’re worth it !

La culpabilité

Je voudrais remercier cette amie qui m’a donné par son exemple envie de cette gourmandise : « Etre bien tranquille chez soi et travailler ses étapes par écrit ».

Le livre de Mélodie Beattie « Douze étapes pour les codépendants » (toujours pas traduit en français) nous rappelle que :

Culpabilité et anxiété sont nos points faibles.

En faisant mes listes de 8ème étape (Mélodie Beattie propose trois listes : celle des personnes qui m’ont fait du tort, celle des personnes à qui j’ai fait du tort, et liste des torts que je me suis causés à moi-même), m’apparaît clairement le lien entre mon sentiment de culpabilité et la façon dont j’essaie de gérer des situations inextricables.
Exemples :
Je suis en présence de deux personnes qui ne se supportent pas, se disputent mon affection, m’interdisent de révéler leurs confidences, et je tends ma volonté pour que tout ait l’air normal.
J’ai bien souvent forcé mes sentiments pour essayer d’aimer de façon égale tous les membres de ma famille, et de maintenir l’égalité entre mes deux familles (maternelle et paternelle).
Je me reproche de ne pas arriver à me faire aimer par (ou de ne pas être présente suffisamment pour) les membres de cette famille qui ne m’ont pas montré un accueil constant (en d’autres termes m’ont rejetée).
Je porte un autre fardeau lourd de culpabilité envers les gens à qui j’ai dû dire non afin de me protéger, parce que j’étais incapable de répondre à leurs désirs (et pour moi les désirs des autres sont des ordres).
L’anxiété commence à m’envahir lorsque je commence à me perdre dans les listes de toutes les personnes à qui j’ai pu manquer.

Je suis reconnaissante pour ces découvertes faites en travaillant ma 8ème étape ce matin.