Al-Anon, comment ça peut marcher ?

De nombreuses personnes arrivent en Al-Anon, cherchant comment provoquer le déclic pour obliger l’alcoolique à se soigner.
Ils espèrent trouver les mots pour le forcer à avouer qu’il boit, et croient que cet aveu aura des effets extraordinaires.
Ils s’indignent que la personne la plus proche de l’alcoolique, ne fasse rien, ils veulent remuer ciel et terre… (c’est ignorer que cette personne a probablement déjà tout tenté !)

Comment Al-Anon peut-il aider en sachant que nous ne proposons pas de solution miracle ?
Que tout ne sera pas réglé en une séance, et qu’il faudra fréquenter le groupe pour longtemps.
Qu’il n’est pas important que l’alcoolique avoue ou pas par des mots sa maladie.
Que le chemin qui mène à la cure et éventuellement à la sobriété peut prendre des années .
Qu’il n’y a même aucune garantie que cela arrive un jour.
Qu’on ne peut rien faire pour l’alcoolique à sa place, et donc que la seule marge de manoeuvre est de se changer soi-même.
Que la cure ne marchera bien que quand l’alcoolique sera prêt.
Que c’est au proche du malade alcoolique de s’avouer qu’il est lui-même terriblement affecté par cette terrible maladie, et qu’il a perdu la maîtrise de sa vie. J’ai entendu plusieurs membres Al-Anon dire qu’Al-Anon leur avait sauvé la vie, qu’ils se perdaient dans la colère, l’activisme, le désespoir…
Que quitter le rôle du sauveteur peut aider l’alcoolique à assumer les conséquences de ses excès, et c’est vrai pour les parents, enfants, conjoints, employeurs… toutes personnes qui réparent, faignent de ne rien voir, permettant ainsi à l’alcoolique de boire en toute tranquillité.
Qu’au lieu d’être interventionniste, il faut se détacher – mais avec amour – du malade. Par exemple enlever de son chemin ce qu’il risque de casser…
Que prendre soin de soi aidera toute la famille à aller mieux. Qu’aller en réunion pour déposer son fardeau, recevoir de l’aide et de l’amitié, c’est s’occuper de soi.
Qu’une Puissance Supérieure peut faire pour nous ce que nous sommes incapables de faire nous-même, y compris protéger le malade.
Que l’on peut vivre heureux, que l’alcoolique boive encore ou non.
Que c’est parfois lorsque la sobriété est enfin trouvée, qu’on a le plus besoin d’Al-Anon.

*je ne dis pas que le déclic ne se produira jamais, certains peuvent – rarement – avoir cette chance

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