L’honnêteté

Je remercie mes parents qui m’ont transmis cette valeur : ne pas voler, ne pas tricher…

Mais grâce à Al-Anon et à son merveilleux programme qui s’applique à tous les domaines de ma vie, je découvre de nouveaux sens à ce mot.

Etre honnête avec moi-même, c’est ne pas me leurrer dans l’attente d’un avenir meilleur, c’est reconnaître ma responsabilité d’être heureuse dès aujourd’hui.

L’honnêteté, c’est le contraire de la manipulation. J’apprends à exprimer mes attentes telles qu’elles sont en toute simplicité, sans chercher la meilleure façon d’arriver à mes fins. C’est ne pas faire du « lobbying » pour gagner d’autres personnes à ma cause, mais accepter de débattre ouvertement.

Enfin, j’apprends à exprimer un désaccord ou un reproche sans avoir peur des réactions de mon interlocuteur à qui j’attribuais auparavant ma sensibilité exacerbée.

Je continuerai à progresser avec l’exemple des « super » amis Al-Anon rencontrés dans le travail de Service, qui me sécurisent en m’écoutant avec bienveillance, et qui m’ont appris deux phrases fort utiles pour communiquer avec fermeté et amour :

« Merci de l’avoir dit » et « Je ne suis pas d’accord ».

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Découvrir de nouveaux choix

Je trouve que ce thème de ce livre Al-Anon résume bien l’effet du programme de rétablissement, qui permet de mettre les choses en perspective, d’apporter un nouvel éclairage sur ma vie et mes comportements.

J’ai le choix. Je ne le savais pas. Au fil des pages de la littérature, je découvre des possibilités inconnues. Celle de laisser l’autre libre de faire ses propres erreurs, son propre apprentissage. J’ai le choix de me faire du mal en maintenant colère et ressentiment. Celui de confier mes peurs à ma PS et à des amis privilégiés, plutôt que de les laisser me paralyser. Au lieu de me précipiter tête baissée dans mes comportements stéréotypés de sauveur, je peux m’arrêter et appliquer le slogan « Penser ». Nous l’aimons beaucoup dans mon groupe. Je fais des travaux pratiques sur le thème : « ne pas faire ». La première fois, je me suis forcée à rester assise au lieu d’apporter un livre à quelqu’un qui souhaitait lire un passage. Avec le temps, cette attitude me devient plus naturelle. Nous travaillons aussi beaucoup sur le thème « Apprendre à dire non ». « Non merci »– fait désormais partie de mon vocabulaire. Cela me permet d’alléger mon emploi du temps et de préserver mon bien être. Et une gamme de plus en plus vaste de nouveaux choix dont je n’avais même pas conscience de la possibilité, s’ouvre à moi : je peux parler ou me taire, donner ou ne pas donner mon opinion, faire ou ne pas faire confiance.

Merci Al-Anon. Merci aux amis qui m’accompagnent sur ce chemin.

Le ressentiment

Dans mon inventaire de 10ème étape quotidien, il me faut traquer le ressentiment.

Dans notre grand cahier Plan pour notre progrès, il existe tout un chapitre sur ce sujet ; on y trouve aussi cette citation d’un membre  Al-Anon : « Le ressentiment, un poison que je prends en espérant que vous allez en mourir. »

Il faut le traquer, parce que j’avais l’impression de ne plus en avoir. Consciemment j’aime tout le monde et je prie pour ceux qui me plaisent moins que les autres, mais si j’examine mes propos dans ce qu’ils peuvent comporter d’agressivité et de violence, je découvre qu’ils expriment des ressentiments de longue date. Ce poison a tendance à contaminer mes réactions, à durcir mes interventions, à rigidifier ma pensée, sans que je m’en rende compte.

Faire la liste de mes ressentiments aujourd’hui me permet d’en prendre conscience, de les avouer à moi-même, de les partager avec une autre personne. Il n’est pas rare qu’une difficulté partagée s’évanouisse. Oui, j’en veux à telle personne de m’avoir imposé ceci ou cela, d’avoir (peut-être) eu raison sur certains points, ou de m’avoir touchée là où ça fait mal, vous savez, lorsque je vois en moi ce que j’ai tendance à reprocher aux autres…

Ensuite, j’ai l’espoir que cette expérience soit une étape de croissance spirituelle. En tout cas, j’ai appris quelque chose sur moi.

Libre de tout ressentiment

liste-retablissementC’est par la liste de leurs ressentiments que certains AA abordent leur quatrième étape.

Une amie m’a confié que sa liste comportait 400 ressentiments. Quel fardeau en effet, et comme ça peut faire du bien de s’en alléger ! Une bonne raison de s’atteler à son inventaire personnel.

Définition du ressentiment : en vouloir à quelqu’un, ruminer ses griefs. Dans ce terme, il y a également ressentir, les émotions interviennent mais ce sont des émotions négatives, qui font du mal.

Ce nouvel an, j’ai pris la résolution de vivre libre, libre de tout ressentiment.

Bien sûr, tous ne peuvent vous plaire également et j’ai appris, grâce à Al-Anon, et à ma grande surprise, que je ne pouvais pas plaire à tout le monde.

Pourtant c’est normal, puisque moi-même, je n’aime pas tout le monde également, et je n’ai parfois pas envie de parler à des personnes qui ne m’ont pourtant rien fait de mal.

Il existe même quelques personnes dont le nom me fait sursauter, et accélère mon rythme cardiaque.

Dans mes prières à ma Puissance Supérieure, je les place mentalement dans un doux cocon et je les imagine dans les nuages, détendus et heureux.

Je suis infiniment reconnaissante de cette liberté toute nouvelle qui me rend la vie plus légère.

La tolérance

J’ai toujours été prompte à juger les autres. Je les cataloguais au premier coup d’œil. J’ai tâché de toutes mes forces de lutter contre ce défaut, ce qui m’a conduite à me rapprocher de toutes les personnes que j’avais envie de fuir. Puis mon besoin de contrôle me faisait mettre tout en œuvre pour essayer de les façonner comme j’aurais voulu qu’ils soient. Au cours de mon travail de 4ème et 5ème étape, ma marraine m’a suggéré d’accepter mon impuissance devant ce défaut de caractère, ce qui a eu quelques effets positifs. Peut-être que je me suis arrêtée là et que je n’ai pas suffisamment demandé à ma Puissance Supérieure de me l’enlever.

Aujourd’hui je constate que j’ai parfois tendance à rechuter dans ce domaine.

Je me suis vue à l’œuvre au cours d’un stage de formation. Un des participants prenait sans arrêt la parole et me dérangeait mais la formatrice a accueilli toutes ses interventions avec bienveillance, mettant en pratique un principe qu’elle préconisait « Prends moi comme je suis ». Je me suis dit qu’elle me donnait une bonne leçon, digne d’Al-Anon.

Dans notre réunion Al-Anon, je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui est dit : certaines personnes nouvelles venues préconisent par exemple de consulter un psychologue. L’avantage de ne pas se répondre, de ne pas faire de polémique, m’évite de me jeter dans la bataille pour la contredire, m’empêche de vouloir absolument la « recadrer » tout de suite. Au contraire, l’accueil de ce qui est dit, avec un large sourire, me fait du bien. Je constate que les nouveaux venus ont souvent beaucoup de choses à m’apprendre. Je tâche d’avoir cette attitude avec les amis trop bavards au téléphone. Au lieu de me dire « Tu lui demandes comment il va et il te fait son témoignage ! », je me demande ce que cette personne va pouvoir m’apprendre. Du coup j’écoute mieux.

Dans « Les voies du rétablissement » page 126 à propos de la 12ème étape, il y a un texte que je cite lorsque quelqu’un se plaint que quelque membre du groupe parle trop. Un miracle peut se produire si je change mon attitude vers plus de tolérance.

Dans spirituel, il y a rituel…

J’ai rencontré la spiritualité dans les fraternités en douze étapes.
J’ai entendu parler d’un programme et ça m’a fait envie :

Si vous voulez ce que nous avons…

dit le préambule des Alcooliques Anonymes.
Ma progression spirituelle nécessite une pratique disciplinée qui devient un mode de vie.
1- Lire quotidiennement la page du jour (selon les années je lis « Un jour à la fois » des Emotifs Anonymes, « Le courage de changer » ou « De l’espoir pour aujourd’hui » d’Al-Anon). Je pense que ces textes ont été écrits par des personnes hautement éclairées et j’en redécouvre de nouveaux aspects chaque année.
2- M’agenouiller pour prier ma Puissance Supérieure. La conception que j’en ai évolue au fil du temps, elle a parfois ressemblé au « Dieu » des religions de mon enfance, en plus aimant… Ma prière est simple, je pense simplement à remercier. Puis je demande d’être protégée ainsi que les personnes qui me sont chères… parfois j’inclus les fraternités anonymes dans ma prière.
3- Aller en réunion chaque semaine sans me demander si j’en ai envie ou pas.

Si je suis assidue à ce programme, le reste viendra tout seul.

Mettre de l’ordre dans sa vie

J’ai toujours été convaincue qu’il ne faut pas changer radicalement demain mais s’améliorer un peu aujourd’hui. Et c’est tout le sens du programme Al-Anon de vie illustré par le titre même de deux livres de lectures quotidiennes : « Le courage de changer » et « Un jour à la fois ».
J’ai souvent entendu parler du désordre dans les réunions et le programme Al-Anon et je l’ai toujours pris au sens propre : le désordre de mon intérieur reflète mon désordre intérieur. Chez une de mes amies AEA (Adulte Enfant d’Alcoolique), le sol était jonché de papiers de toutes sortes. Et je dois avouer que chez moi, parfois, ce n’est guère mieux, il y a des objets et des papiers partout.
Je sais aujourd’hui que j’ai besoin d’ordre pour mon bien-être, et que je dois m’atteler à la tâche de ranger, d’élaguer, de jeter, et cela dès maintenant ; e pas attendre comme dans d’autres domaines de ma vie, un hypothétique futur plus propice.
C’est cela, le programme Al-Anon. La page du 31 juillet du « Courage de changer » nous suggère de commencer à faire du ménage dans notre vie, petit à petit, « un jour à la fois ».