Dernier message de Manuel M.

Au congrès AA de Nancy, en novembre 2016, a été lu le témoignage que Manuel M., aujourd’hui décédé, avait prévu de lire.

Vous trouverez l’enregistrement sur le site : http://nosparentsalcooliques.net

 

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L’honnêteté

Je remercie mes parents qui m’ont transmis cette valeur : ne pas voler, ne pas tricher…

Mais grâce à Al-Anon et à son merveilleux programme qui s’applique à tous les domaines de ma vie, je découvre de nouveaux sens à ce mot.

Etre honnête avec moi-même, c’est ne pas me leurrer dans l’attente d’un avenir meilleur, c’est reconnaître ma responsabilité d’être heureuse dès aujourd’hui.

L’honnêteté, c’est le contraire de la manipulation. J’apprends à exprimer mes attentes telles qu’elles sont en toute simplicité, sans chercher la meilleure façon d’arriver à mes fins. C’est ne pas faire du « lobbying » pour gagner d’autres personnes à ma cause, mais accepter de débattre ouvertement.

Enfin, j’apprends à exprimer un désaccord ou un reproche sans avoir peur des réactions de mon interlocuteur à qui j’attribuais auparavant ma sensibilité exacerbée.

Je continuerai à progresser avec l’exemple des « super » amis Al-Anon rencontrés dans le travail de Service, qui me sécurisent en m’écoutant avec bienveillance, et qui m’ont appris deux phrases fort utiles pour communiquer avec fermeté et amour :

« Merci de l’avoir dit » et « Je ne suis pas d’accord ».

Découvrir de nouveaux choix

Je trouve que ce thème de ce livre Al-Anon résume bien l’effet du programme de rétablissement, qui permet de mettre les choses en perspective, d’apporter un nouvel éclairage sur ma vie et mes comportements.

J’ai le choix. Je ne le savais pas. Au fil des pages de la littérature, je découvre des possibilités inconnues. Celle de laisser l’autre libre de faire ses propres erreurs, son propre apprentissage. J’ai le choix de me faire du mal en maintenant colère et ressentiment. Celui de confier mes peurs à ma PS et à des amis privilégiés, plutôt que de les laisser me paralyser. Au lieu de me précipiter tête baissée dans mes comportements stéréotypés de sauveur, je peux m’arrêter et appliquer le slogan « Penser ». Nous l’aimons beaucoup dans mon groupe. Je fais des travaux pratiques sur le thème : « ne pas faire ». La première fois, je me suis forcée à rester assise au lieu d’apporter un livre à quelqu’un qui souhaitait lire un passage. Avec le temps, cette attitude me devient plus naturelle. Nous travaillons aussi beaucoup sur le thème « Apprendre à dire non ». « Non merci »– fait désormais partie de mon vocabulaire. Cela me permet d’alléger mon emploi du temps et de préserver mon bien être. Et une gamme de plus en plus vaste de nouveaux choix dont je n’avais même pas conscience de la possibilité, s’ouvre à moi : je peux parler ou me taire, donner ou ne pas donner mon opinion, faire ou ne pas faire confiance.

Merci Al-Anon. Merci aux amis qui m’accompagnent sur ce chemin.

Libre de tout ressentiment

liste-retablissementC’est par la liste de leurs ressentiments que certains AA abordent leur quatrième étape.

Une amie m’a confié que sa liste comportait 400 ressentiments. Quel fardeau en effet, et comme ça peut faire du bien de s’en alléger ! Une bonne raison de s’atteler à son inventaire personnel.

Définition du ressentiment : en vouloir à quelqu’un, ruminer ses griefs. Dans ce terme, il y a également ressentir, les émotions interviennent mais ce sont des émotions négatives, qui font du mal.

Ce nouvel an, j’ai pris la résolution de vivre libre, libre de tout ressentiment.

Bien sûr, tous ne peuvent vous plaire également et j’ai appris, grâce à Al-Anon, et à ma grande surprise, que je ne pouvais pas plaire à tout le monde.

Pourtant c’est normal, puisque moi-même, je n’aime pas tout le monde également, et je n’ai parfois pas envie de parler à des personnes qui ne m’ont pourtant rien fait de mal.

Il existe même quelques personnes dont le nom me fait sursauter, et accélère mon rythme cardiaque.

Dans mes prières à ma Puissance Supérieure, je les place mentalement dans un doux cocon et je les imagine dans les nuages, détendus et heureux.

Je suis infiniment reconnaissante de cette liberté toute nouvelle qui me rend la vie plus légère.

Codépendance : une question de limites

La question des limites est une des caractéristiques primaires de la codépendance. C’est à dire que le codépendant a du mal à définir où il finit et où commence l’autre personne. Par exemple, nous pouvons avoir du mal à définir la différence entre nos sentiments, nos problèmes, notre responsabilité, et les sentiments, problèmes, responsabilités de quelqu’un d’autre.
Souvent le problème n’est pas que nous prenions la responsabilité pour les autres, mais que nous nous sentions responsables pour eux. Notre capacité à nous définir et à nous distinguer nous-mêmes des autres est floue. Les frontières qui nous entourent sont floues. Les personnes avec des limites faibles semblent « prendre » ou absorber les sentiments des autres comme une éponge absorbe l’eau.
(ces notes sont tirées de Au delà de la codépendance, de Melody Beattie)

Le programme et le dédoublement de personnalité

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J’ai trouvé dans la page du 28 juillet de « Aujourd’hui seulement » des Emotifs Anonymes, une information que je n’ai jamais lue nulle part ailleurs.

Quand je « performe », je me sépare en deux moitiés, le performant et l’observateur critique. Essayer de « performer » donne à ce critique toujours présent en moi l’occasion de lâcher une dose de haine de soi…

Malgré tout le travail sur moi réalisé depuis des années, je retrouve, peut-être quand je suis plus fragile, cet observateur intérieur, cette petite voix détachée de mon moi qui décrit mes actes et me juge. Le plus souvent, elle répond à mon besoin d’être valorisée, mais si le succès n’est pas au rendez-vous, elle me met plus bas que terre en constatant l’échec et la catastrophe.
Au contraire

Quand je participe… être le vrai moi détruit les besoins de cette critique intérieure. Je prends conscience que mes échecs sont plus valables à ma croissance émotive que n’importe quel de mes succès. Mon passé a souvent démontré que mes succès me cachaient temporairement la réalité de mes limites humaines.

En tant qu’être humain, je suis quelqu’un de valable, il me suffit de participer.

Ce qui nous enchante…

Lever soleil
Pour moi, la prière, l’essayer, c’est l’adopter.
Prier pour les personnes qui me font du mal, demander de l’aide à ma Puissance Supérieure quand je suis désespérée, a toujours des effets miraculeux.
Depuis quelques temps, j’ai pris l’habitude de passer quelques instants à genoux sur un confortable petit coussin avant d’affronter mon ordinateur.
Souvent je suis peu inspirée alors je commence par remercier, faire une liste de gratitude. Alors, par flashs, des intuitions me viennent sur ce qu’il me ferait vraiment plaisir de faire dans la journée à venir, sur ce qu’il m’enchante de faire, comme j’ai lu dans un magazine.
Peu à peu, à force de pratiquer le programme des douze étapes, je suis en train de passer d’une vie faite d’abnégation, de devoirs, de labeur, à une vie où je m’éclate la plupart du temps.
Ainsi, après ma liste de gratitude du matin, je vais désormais poursuivre par la liste de ce qui m’enchante, pour aborder la journée dans la joie !