Que faire après la 5ème étape ?

Pour ceux qui ont décidé que leur rétablissement dépendait d’eux-seuls, et qu’il fallait travailler pour « avoir ce que vous avez et qui semble si bien », Al-Anon propose l’inventaire 4ème étape.  Cela sera suivi par la 5ème étape qui consiste à avouer à nous-mêmes, à notre PS et à un autre être humain la nature exacte de nos torts. Là encore, il faut avoir progressé en humilité pour oser mettre son âme à nu même devant une personne de confiance, mais les résultats sont à la hauteur de l’investissement.

Et après ?

Nous nous dirigeons vers la huitième étape qui fera tellement de bien et mettra un terme à la culpabilité, en nous envoyant faire des amendes honorables à tous ceux que nous avons lésés. Dans ce chemin, il nous faut franchir la 6ème et la 7ème étape.

J’aime beaucoup la façon qu’a Melody Beattie d’aborder ces deux étapes dans Codependent’s Guide to the Twelve Steps.

Elle propose notamment une série de questions à travailler, qui vont prendre la suite de notre inventaire personnel :

1- Quelles sont les croyances, comportements, sentiments, désirs et besoins qui vous posent problème actuellement ? (commencez par affirmer que vous commencez à être prêt à lâcher prise sur ces sujets)

2- En quoi votre vie serait-elle différente si vous croyiez que vous pouvez simplement vous détendre et laisser ce processus appelé rétablissement vous arriver tout seul ?

3- Faites la liste de tout ce que vous voudriez voir changé en ce qui vous concerne. Cela comprend : les choses que vous voudriez cesser de faire, les choses que vous voudriez commencer à faire, et le travail sur votre famille que vous voudriez réaliser, les choses que vous voudriez obtenir. Mettez sur cette liste tout ce que vous voudriez comme faisant partie de votre vie future. Puis mettez cette liste de côté et lâchez-prise sur tout ce qu’elle contient.

4- Croyez-vous qu’il est prudent de faire confiance à une Puissance Supérieure et à ce processus appelé rétablissement ?

L’honnêteté

Je remercie mes parents qui m’ont transmis cette valeur : ne pas voler, ne pas tricher…

Mais grâce à Al-Anon et à son merveilleux programme qui s’applique à tous les domaines de ma vie, je découvre de nouveaux sens à ce mot.

Etre honnête avec moi-même, c’est ne pas me leurrer dans l’attente d’un avenir meilleur, c’est reconnaître ma responsabilité d’être heureuse dès aujourd’hui.

L’honnêteté, c’est le contraire de la manipulation. J’apprends à exprimer mes attentes telles qu’elles sont en toute simplicité, sans chercher la meilleure façon d’arriver à mes fins. C’est ne pas faire du « lobbying » pour gagner d’autres personnes à ma cause, mais accepter de débattre ouvertement.

Enfin, j’apprends à exprimer un désaccord ou un reproche sans avoir peur des réactions de mon interlocuteur à qui j’attribuais auparavant ma sensibilité exacerbée.

Je continuerai à progresser avec l’exemple des « super » amis Al-Anon rencontrés dans le travail de Service, qui me sécurisent en m’écoutant avec bienveillance, et qui m’ont appris deux phrases fort utiles pour communiquer avec fermeté et amour :

« Merci de l’avoir dit » et « Je ne suis pas d’accord ».

La tolérance

J’ai toujours été prompte à juger les autres. Je les cataloguais au premier coup d’œil. J’ai tâché de toutes mes forces de lutter contre ce défaut, ce qui m’a conduite à me rapprocher de toutes les personnes que j’avais envie de fuir. Puis mon besoin de contrôle me faisait mettre tout en œuvre pour essayer de les façonner comme j’aurais voulu qu’ils soient. Au cours de mon travail de 4ème et 5ème étape, ma marraine m’a suggéré d’accepter mon impuissance devant ce défaut de caractère, ce qui a eu quelques effets positifs. Peut-être que je me suis arrêtée là et que je n’ai pas suffisamment demandé à ma Puissance Supérieure de me l’enlever.

Aujourd’hui je constate que j’ai parfois tendance à rechuter dans ce domaine.

Je me suis vue à l’œuvre au cours d’un stage de formation. Un des participants prenait sans arrêt la parole et me dérangeait mais la formatrice a accueilli toutes ses interventions avec bienveillance, mettant en pratique un principe qu’elle préconisait « Prends moi comme je suis ». Je me suis dit qu’elle me donnait une bonne leçon, digne d’Al-Anon.

Dans notre réunion Al-Anon, je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui est dit : certaines personnes nouvelles venues préconisent par exemple de consulter un psychologue. L’avantage de ne pas se répondre, de ne pas faire de polémique, m’évite de me jeter dans la bataille pour la contredire, m’empêche de vouloir absolument la « recadrer » tout de suite. Au contraire, l’accueil de ce qui est dit, avec un large sourire, me fait du bien. Je constate que les nouveaux venus ont souvent beaucoup de choses à m’apprendre. Je tâche d’avoir cette attitude avec les amis trop bavards au téléphone. Au lieu de me dire « Tu lui demandes comment il va et il te fait son témoignage ! », je me demande ce que cette personne va pouvoir m’apprendre. Du coup j’écoute mieux.

Dans « Les voies du rétablissement » page 126 à propos de la 12ème étape, il y a un texte que je cite lorsque quelqu’un se plaint que quelque membre du groupe parle trop. Un miracle peut se produire si je change mon attitude vers plus de tolérance.

Dans spirituel, il y a rituel…

J’ai rencontré la spiritualité dans les fraternités en douze étapes.
J’ai entendu parler d’un programme et ça m’a fait envie :

Si vous voulez ce que nous avons…

dit le préambule des Alcooliques Anonymes.
Ma progression spirituelle nécessite une pratique disciplinée qui devient un mode de vie.
1- Lire quotidiennement la page du jour (selon les années je lis « Un jour à la fois » des Emotifs Anonymes, « Le courage de changer » ou « De l’espoir pour aujourd’hui » d’Al-Anon). Je pense que ces textes ont été écrits par des personnes hautement éclairées et j’en redécouvre de nouveaux aspects chaque année.
2- M’agenouiller pour prier ma Puissance Supérieure. La conception que j’en ai évolue au fil du temps, elle a parfois ressemblé au « Dieu » des religions de mon enfance, en plus aimant… Ma prière est simple, je pense simplement à remercier. Puis je demande d’être protégée ainsi que les personnes qui me sont chères… parfois j’inclus les fraternités anonymes dans ma prière.
3- Aller en réunion chaque semaine sans me demander si j’en ai envie ou pas.

Si je suis assidue à ce programme, le reste viendra tout seul.

Mettre de l’ordre dans sa vie

J’ai toujours été convaincue qu’il ne faut pas changer radicalement demain mais s’améliorer un peu aujourd’hui. Et c’est tout le sens du programme Al-Anon de vie illustré par le titre même de deux livres de lectures quotidiennes : « Le courage de changer » et « Un jour à la fois ».
J’ai souvent entendu parler du désordre dans les réunions et le programme Al-Anon et je l’ai toujours pris au sens propre : le désordre de mon intérieur reflète mon désordre intérieur. Chez une de mes amies AEA (Adulte Enfant d’Alcoolique), le sol était jonché de papiers de toutes sortes. Et je dois avouer que chez moi, parfois, ce n’est guère mieux, il y a des objets et des papiers partout.
Je sais aujourd’hui que j’ai besoin d’ordre pour mon bien-être, et que je dois m’atteler à la tâche de ranger, d’élaguer, de jeter, et cela dès maintenant ; e pas attendre comme dans d’autres domaines de ma vie, un hypothétique futur plus propice.
C’est cela, le programme Al-Anon. La page du 31 juillet du « Courage de changer » nous suggère de commencer à faire du ménage dans notre vie, petit à petit, « un jour à la fois ».

Agir aisément

Ce slogan Alcooliques Anonymes était le thème de notre réunion ce jour-là.
Ce slogan me parle, à moi qui encore souvent, ne sais pas me comporter en société, qui reste muette sans trouver les mots, qui ai l’impression d’être une potiche, de ne pas être à ma place.
Ou alors, qui, dans un élan de spontanéité décalée, se met à dire n’importe quoi, au risque de choquer les autres, des paroles qui me nuisent.
J’aimerais tant être plus décontractée, ne pas me surveiller sans cesse !
Et je réalise aussi que dans mon cas de codépendante, agir aisément pourrait bien être, souvent, ne pas agir.
Me taire : ne pas donner de conseil ou d’opinion non sollicités. Attendre que les situations se règlent d’elles-mêmes sans mon intervention.
Je me promets de ne pas proposer de l’aide non sollicitée (pendant quelques temps au moins). J’en arrive à me dire que je ne suis pas obligée d’être gentille avec tout le monde, même ceux qui me traitent mal, et que d’ailleurs, il y a peut-être une relation de cause à effet entre mon comportement habituel et la façon de me traiter…
Comme il est difficile à une codépendante, de ne pas tout faire pour satisfaire le désir de l’autre, même non formulé, de ne pas s’écarteler pour faire plaisir à tout le monde à la fois, pour ne pas culpabiliser de ne tenter que 95% des possibilités !
Je me mets alors à réaliser quelques travaux pratiques, je me fais violence pour ne pas me lever et apporter un livre à la modératrice qui souhaite lire un passage de la littérature.

Atelier 4ème et 5ème étape

A la demande de nombreux membres, un atelier était organisé à cette convention Alcooliques Anonymes.
La salle était comble.
Les organisateurs expliquèrent que la partie 5ème étape (avouer à un autre être humain) était facultative, qu’elle se ferait en binôme, avec un parrain d’un jour.
Que cette démarche n’est pas anodine, qu’elle provoque des changements, beaucoup d’émotion, et il était conseillé d’éviter toute décision importante prise à la suite de cette journée.
Suivirent des témoignages.
– ne pas tricher, ne pas « entuber » mon interlocuteur, et pour cela choisir un AA (qu’on ne peut flouer comme on le ferait avec un psy ou avec un curé).
– cesser d’intellectualiser, « fermer sa gueule », écouter, mettre les obstacles à leur juste niveau, ni trop haut ni trop bas.
– ne pas oublier les défauts que l’on chérit !
– je n’ai pas fait ma 4ème étape, je l’ai seulement commencée. Ensuite, c’est comme en informatique, il faut faire des mises à jour
Ensuite des documents sont distribués, tout d’abord un tableau d’inventaire, directement inspiré du chapitre 5 du Big Book (Notre méthode).
Inventaire 4ème etape
Après un temps libre pour remplir ce tableau, nouveau temps de partage où des questions peuvent être posées, des précisions données.
Par exemple, il est dit que la 3ème colonne ramène sur soi, évite de faire l’inventaire de l’autre…
Se méfier des fausses culpabilités liées à des abus sexuels, des humiliations…
Signaler qu’il est possible d’avoir des ressentiments avec les institutions.
Préciser que dans cet inventaire, on ne regarde pas ce qui se passe dans la société.
Ensuite, un document détaillé est distribué, c’est le guide de travail de 4ème étape des Narcotiques Anonymes.
Dans la soirée étaient prévus des temps de partage et la possibilité de trouver un parrain d’un jour pour avouer la nature exacte de nos torts.

Vaincre ses peurs pour vivre ses rêves

Aujourd’hui seulement, une réunion, et pourquoi pas deux, enchaînons Al-Anon et la réunion ouverte des Alcooliques Anonymes !
Comme ça fait du bien, c’est comme toujours des ions négatifs qui me montrent le positif de la vie !
Le slogan Ca commence par moi, me rappelle que je dois faire ma part dans les négociations de la vie quotidienne et ne pas me renfermer dans une attitude boudeuse et défaitiste qui ne fait du mal qu’à moi-même.

Une réunion, c’est s’accorder du temps pour penser, et écouter, et pour se rappeler ses rêves.
Je sais qu’il est de ma responsabilité d’être heureuse dès maintenant et sans attendre ma retraite, et de réaliser mes rêves si je le souhaite suffisamment et si je m’en donne le temps sans surcharger ma vie d’activités inutiles.

Un ami a cité cette phrase que j’ai mis comme titre de ce post. Les peurs, quel beau sujet de travail !
L’un des deux poisons qui empêchent de vivre pleinement (avec le ressentiment).
J’ai déjà travaillé trois fois cette année sur ce thème avec à chaque fois des résultats spectaculaires. Et ce n’est pas fini.

Aujourd’hui, une belle pluie m’invite à travailler le programme. Gratitude.

Pensées et sigles Al-Anon

pensées écrites sur un bloc-notes à l’issue d’une rencontre spirituelle au Royaume Uni.

  • Rien ne change si rien ne change.
  • La seule chose instantanée en rétablissement est le café.
  • Quand quelqu’un dit qu’il va bien (is fine), ça veut souvent dire : plein de peur, de sensation d’insécurité, de névrose et d’émotions (fearful, insecure, neurotic and emotional)
  • Pour être libre émotionnellement, nous devons nous libérer émotionnellement. Nous le faisons en exprimant nos sentiments les plus difficiles.
  • Le courage est la peur qui dit ses prières.
  • Prendre la boule de coton de nos oreilles et la mettre dans notre bouche.

Certains intraduisibles sont laissés en anglais pour le Passant
H.O.W. do we do the steps ? With Honesty, Openness and Willingness. Comment est-ce que nos faisons les étapes ? Avec honnêteté, ouverture et bonne volonté.
The 3 Rs – Retreat, Rethink, Respond Les trois R. (capituler, repenser, répondre)
D.E.T.A.C.H. Do Everything To Accept Change Happens Fais tout pour accepter que le changement se produit
T.R.U.S.T. Try Really Using Step Three Essaye vraiment d’utiliser la 3ème étape

Le programme et le dédoublement de personnalité

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J’ai trouvé dans la page du 28 juillet de « Aujourd’hui seulement » des Emotifs Anonymes, une information que je n’ai jamais lue nulle part ailleurs.

Quand je « performe », je me sépare en deux moitiés, le performant et l’observateur critique. Essayer de « performer » donne à ce critique toujours présent en moi l’occasion de lâcher une dose de haine de soi…

Malgré tout le travail sur moi réalisé depuis des années, je retrouve, peut-être quand je suis plus fragile, cet observateur intérieur, cette petite voix détachée de mon moi qui décrit mes actes et me juge. Le plus souvent, elle répond à mon besoin d’être valorisée, mais si le succès n’est pas au rendez-vous, elle me met plus bas que terre en constatant l’échec et la catastrophe.
Au contraire

Quand je participe… être le vrai moi détruit les besoins de cette critique intérieure. Je prends conscience que mes échecs sont plus valables à ma croissance émotive que n’importe quel de mes succès. Mon passé a souvent démontré que mes succès me cachaient temporairement la réalité de mes limites humaines.

En tant qu’être humain, je suis quelqu’un de valable, il me suffit de participer.