La codépendance, une question de limites

La question des limites est une des caractéristiques primaires de la codépendance, nous dit Melody Beattie dans « Au delà de la codépendance ». C’est à dire que le codépendant a du mal à définir où il finit et où commence l’autre personne. Par exemple, nous pouvons avoir du mal à définir la différence entre nos sentiments, nos problèmes, notre responsabilité et les sentiments, problèmes, responsabilités de quelqu’un d’autre. Souvent le problème n’est pas que nous prenions la responsabilité pour les autres, mais que nous nous sentons responsables pour eux. Notre capacité à nous définir et à nous distinguer nous-mêmes des autres, est flou. Les frontières qui nous entourent sont floues. Les gens dont les limites sont faibles, semblent « prendre » ou absorber les sentiments des autres, comme une éponge absorbe l’eau.

Ci-dessous un petit cadeau !

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La 7ème étape de Melody Beattie

Il y a des choses à propos de nous-mêmes dont nous devons nous débarrasser ; il y a des choses que nous devons changer. Mais en même temps, ce n’est pas la peine d’être trop désespérés, trop impitoyables, trop combatifs. Sur le chemin du bonheur, de nombreuses choses vont changer d’elles-mêmes et les autres, nous pouvons les travailler au fur et à mesure. La première chose à faire est de reconnaître notre Nature Intérieure et de lui faire confiance, et de ne pas la perdre de vue. Car à l’intérieur du vilain petit canard se trouve le cygne et dans le tigre bondissant se trouve le sauveteur qui connaît le Chemin, et dans chacun de nous se trouve quelque chose de spécial qu’il faut garder. – Benjamin Hoff, The Tao of Pooh

La peur de cette étape, dit Melody Beattie, était que si Dieu enlevait ses défauts de caractère, elle n’était pas sûre qu’il reste quelque chose ensuite.

Les étapes 6 et 7 sont des étapes de transformation.

Voici quelques exercices proposés à la fin du chapitre sur  la 7ème étape de Codependent’s guide to the twelve steps.

  1. Quels sont vos peurs au sujet d’être changé ? Ecrivez-les ou parlez-en à une autre personne.
  2. Comment vous êtes-vous déjà vu changer ? Dans quelle mesure avez-vous besoin de changer ? A quel point avez-vous reçu le pouvoir de le faire ? Réfléchissez sur la nature graduelle et naturelle du changement dans votre vie.
  3. Ecrire des lettres est un de mes outils favoris. Ecrivez une lettre à Dieu tel que vous le concevez. Dans cette lettre, parlez de ce qui vous dérange et de ce que vous voudriez voir changer à votre sujet. Demandez à Dieu de vous aider à changer les choses en vous et dans votre vie qui doivent être changées.
  4. Si vous avez des doutes sur les défauts de caractère sur lesquels travailler maintenant, demandez à Dieu de vous montrer clairement quelles sont les questions dans votre vie qui seraient améliorées si vous travailliez les sixième et septième étapes à leur sujet.
  5. Faites une visualisation créative à votre sujet. Visualisez-vous mentalement tel que vous voudriez devenir. Voyez-vous en train de faire et d’être tout ce que vous voulez faire et être. Puis lâchez prise sur ce sujet. Revenez au moment présent. Affirmez que qui vous êtes est quelqu’un de bien. Affirmez l’acceptation et l’amour de vous-même dans le moment présent.

Codépendance : une question de limites

La question des limites est une des caractéristiques primaires de la codépendance. C’est à dire que le codépendant a du mal à définir où il finit et où commence l’autre personne. Par exemple, nous pouvons avoir du mal à définir la différence entre nos sentiments, nos problèmes, notre responsabilité, et les sentiments, problèmes, responsabilités de quelqu’un d’autre.
Souvent le problème n’est pas que nous prenions la responsabilité pour les autres, mais que nous nous sentions responsables pour eux. Notre capacité à nous définir et à nous distinguer nous-mêmes des autres est floue. Les frontières qui nous entourent sont floues. Les personnes avec des limites faibles semblent « prendre » ou absorber les sentiments des autres comme une éponge absorbe l’eau.
(ces notes sont tirées de Au delà de la codépendance, de Melody Beattie)

Vive les codépendants !


Le livre de Melody Beattie Vaincre la codépendance, explore tous les aspects de la personnalité codépendante, elle fait si bien mon portrait.
Pour guérir de cette maladie, rien de tel que le programme en douze étapes.
Le livre est un bijou, à lire, à relire et à méditer au quotidien. Il existe en livre de poche.

Voici quelques citations et tout d’abord une définition de la codépendance, due à Robert Subby

Des règles répressives empêchent le sujet d’exprimer ouvertement ses sentiments et d’aborder de manière directe les problèmes personnels et interpersonnels.

Autre définition : les codépendants sont des gens qui réagissent aux problèmes, aux souffrances, aux conditions de vie et au comportement des autres.

Personnellement, j’expérimente vraiment un bien-être, comme une drogue, lorsque je fais quelque chose pour les autres.

L’investissement en autrui suscite un accès momentané de bien-être, de contentement, de sensation de pouvoir. De la même manière que l’alcool aide provisoirement l’alcoolique à se sentir mieux, la démarche de sauvetage nous détourne temporairement de la souffrance qu’il y a à être ce que nous sommes. Nous ne nous sentons pas dignes d’être aimés : nous nous contentons de nous RENDRE INDISPENSABLES.

Que les codépendants aient l’air fragiles et impuissants ou solides et pleins de ressources, ce n’en sont pas moins des enfants craintifs, vulnérables et sans cesse en demande, avec un besoin déchirant d’amour et d’attention.

Il est dommage que notre comportement nous conduise à tant d’erreurs et tant de souffrance, parce que le monde serait encore plus dur sans les codépendants.

Les codépendants comptent parmi les êtres les plus aimants, les plus généreux, les plus bienveillants et les plus attentifs que je connaisse.
et
De tout temps, les codépendants ont dénoncé les injustices sociales et se sont battus pour défendre les droits de l’opprimé.

Oser dire bonjour

J’ai longtemps cru que la définition de la codépendance, c’était de m’approcher de ceux qui me déplaisent.
En fait, ce n’est pas cela : j’ai la faculté (chance ? privilège ? défaut de caractère ?) d’être un détecteur de toutes les causes de souffrance : laideur, taille, infirmité, solitude, maladie, tristesse, couleur de peau… L’expérience m’a appris combien il peut être dangereux d’offrir, ne serait-ce qu’un sourire, à un être en grande souffrance. Et en effet, les autres, les normaux, ont appris à ne pas regarder, ne pas fixer, ne pas créer d’interaction dangereuse. Pour ne pas être collé, pour ne pas qu’on nous raconte sa vie, qu’on nous drague, qu’on s’attache à nous, qu’on nous harcèle, également pour ne pas être amené à rejeter quelqu’un que l’on a approché.
Le programme des douze étapes m’apprend la voie du juste milieu, oser interagir avec l’autre et savoir se protéger de tous les excès. Pour moi, c’est apprendre à prendre congé avec gentillesse et fermeté… de plein de nouveaux amis qui enrichissent ma vie.

Une neuvième étape où je reçois une amende honorable !

Il faut encourager tous les amis à se lancer dans ces étapes si difficiles – huitième, neuvième – car elles nous aident à nous guérir de la culpabilité.

Selon la suggestion de Melody Beattie, j’ai fait mes trois listes : celle des personnes que j’ai lésées, celle des personnes qui m’ont lésée et la liste des torts que je me suis causés à moi-même.
Pour chaque nom sur ma première liste, je me suis demandé quelle était ma part de responsabilité. Une cause récurrente, c’est le mépris, la condescendance. C’est presque inné chez moi, ce réflexe de porter des jugements a priori sur les gens, dès le premier regard. Ma marraine m’a suggéré d’accepter ce défaut de caractère au lieu de toujours lutter sans succès contre lui, et depuis il s’estompe. J’ai identifié un cercle vicieux qui a été la cause de presque tous mes problèmes.

  1. Mépris (contre lequel je lutte), d’où
  2. Surcompensation (en faire trop, me forcer à aimer, codépendance) et ce jusqu’à
  3. Epuisement, mais comme je ne sais pas dire commencent
  4. Problèmes, clash, conflits dont je me console par le
  5. Mépris !

Le second point récurrent de ma problématique qui joue une grande part dans ce cercle vicieux est le fait de ne pas pouvoir dire, de ne pas avoir le droit de dire, de ne pas savoir dire les choses.

Suite à ce travail de 9ème étape, l’occasion m’a été offerte d’avoir une discussion honnête (dire enfin, oser dire) avec une personne de mon entourage, et c’est alors que cette personne m’a demandé pardon.

Ce programme est plein de merveilleuses surprises. Comme disent les anglo-saxons, travaille le, ça vaut la peine et tu en vaux la peine : Work it, it’s worth it and and you’re worth it !

La culpabilité

Je voudrais remercier cette amie qui m’a donné par son exemple envie de cette gourmandise : « Etre bien tranquille chez soi et travailler ses étapes par écrit ».

Le livre de Mélodie Beattie « Douze étapes pour les codépendants » (toujours pas traduit en français) nous rappelle que :

Culpabilité et anxiété sont nos points faibles.

En faisant mes listes de 8ème étape (Mélodie Beattie propose trois listes : celle des personnes qui m’ont fait du tort, celle des personnes à qui j’ai fait du tort, et liste des torts que je me suis causés à moi-même), m’apparaît clairement le lien entre mon sentiment de culpabilité et la façon dont j’essaie de gérer des situations inextricables.
Exemples :
Je suis en présence de deux personnes qui ne se supportent pas, se disputent mon affection, m’interdisent de révéler leurs confidences, et je tends ma volonté pour que tout ait l’air normal.
J’ai bien souvent forcé mes sentiments pour essayer d’aimer de façon égale tous les membres de ma famille, et de maintenir l’égalité entre mes deux familles (maternelle et paternelle).
Je me reproche de ne pas arriver à me faire aimer par (ou de ne pas être présente suffisamment pour) les membres de cette famille qui ne m’ont pas montré un accueil constant (en d’autres termes m’ont rejetée).
Je porte un autre fardeau lourd de culpabilité envers les gens à qui j’ai dû dire non afin de me protéger, parce que j’étais incapable de répondre à leurs désirs (et pour moi les désirs des autres sont des ordres).
L’anxiété commence à m’envahir lorsque je commence à me perdre dans les listes de toutes les personnes à qui j’ai pu manquer.

Je suis reconnaissante pour ces découvertes faites en travaillant ma 8ème étape ce matin.