Comme nous ne serons plus terrifiés

J’ai enfin compris la différence entre la sixième et la septième étape ! Au cours d’une réunion sur la sixième étape, j’ai partagé au groupe un défaut de caractère que je souhaitais conserver. Or, il m’a été enlevé. Par la suite je ne me suis pas rebellée, je n’ai pas cherché à le retrouver, j’ai donc consenti à cet état de fait.

Un an plus tard, je découvre dans une réunion sur la septième étape, qu’il existe peut-être encore d’autres défauts de caractère et que je peux demander humblement à en être débarrassée. C’est alors que ma Puissance Supérieure m’envoie une personne qui questionne mes comportements et à qui je n’ai rien d’autre à opposer que : je crains que…, j’ai peur de…

Depuis cette  prise de conscience, j’ai le sentiment d’être délivré de la peur. Je ne savais pas que c’était un défaut de caractère. Quelle libération ! C’est le plus beau cadeau que le programme m’ait apporté jusqu’ici. Et c’est grâce au service que j’ai pu faire ce progrès fulgurant. Merci Al-Anon.

La 7ème étape de Melody Beattie

Il y a des choses à propos de nous-mêmes dont nous devons nous débarrasser ; il y a des choses que nous devons changer. Mais en même temps, ce n’est pas la peine d’être trop désespérés, trop impitoyables, trop combatifs. Sur le chemin du bonheur, de nombreuses choses vont changer d’elles-mêmes et les autres, nous pouvons les travailler au fur et à mesure. La première chose à faire est de reconnaître notre Nature Intérieure et de lui faire confiance, et de ne pas la perdre de vue. Car à l’intérieur du vilain petit canard se trouve le cygne et dans le tigre bondissant se trouve le sauveteur qui connaît le Chemin, et dans chacun de nous se trouve quelque chose de spécial qu’il faut garder. – Benjamin Hoff, The Tao of Pooh

La peur de cette étape, dit Melody Beattie, était que si Dieu enlevait ses défauts de caractère, elle n’était pas sûre qu’il reste quelque chose ensuite.

Les étapes 6 et 7 sont des étapes de transformation.

Voici quelques exercices proposés à la fin du chapitre sur  la 7ème étape de Codependent’s guide to the twelve steps.

  1. Quels sont vos peurs au sujet d’être changé ? Ecrivez-les ou parlez-en à une autre personne.
  2. Comment vous êtes-vous déjà vu changer ? Dans quelle mesure avez-vous besoin de changer ? A quel point avez-vous reçu le pouvoir de le faire ? Réfléchissez sur la nature graduelle et naturelle du changement dans votre vie.
  3. Ecrire des lettres est un de mes outils favoris. Ecrivez une lettre à Dieu tel que vous le concevez. Dans cette lettre, parlez de ce qui vous dérange et de ce que vous voudriez voir changer à votre sujet. Demandez à Dieu de vous aider à changer les choses en vous et dans votre vie qui doivent être changées.
  4. Si vous avez des doutes sur les défauts de caractère sur lesquels travailler maintenant, demandez à Dieu de vous montrer clairement quelles sont les questions dans votre vie qui seraient améliorées si vous travailliez les sixième et septième étapes à leur sujet.
  5. Faites une visualisation créative à votre sujet. Visualisez-vous mentalement tel que vous voudriez devenir. Voyez-vous en train de faire et d’être tout ce que vous voulez faire et être. Puis lâchez prise sur ce sujet. Revenez au moment présent. Affirmez que qui vous êtes est quelqu’un de bien. Affirmez l’acceptation et l’amour de vous-même dans le moment présent.

Le ressentiment

Dans mon inventaire de 10ème étape quotidien, il me faut traquer le ressentiment.

Dans notre grand cahier Plan pour notre progrès, il existe tout un chapitre sur ce sujet ; on y trouve aussi cette citation d’un membre  Al-Anon : « Le ressentiment, un poison que je prends en espérant que vous allez en mourir. »

Il faut le traquer, parce que j’avais l’impression de ne plus en avoir. Consciemment j’aime tout le monde et je prie pour ceux qui me plaisent moins que les autres, mais si j’examine mes propos dans ce qu’ils peuvent comporter d’agressivité et de violence, je découvre qu’ils expriment des ressentiments de longue date. Ce poison a tendance à contaminer mes réactions, à durcir mes interventions, à rigidifier ma pensée, sans que je m’en rende compte.

Faire la liste de mes ressentiments aujourd’hui me permet d’en prendre conscience, de les avouer à moi-même, de les partager avec une autre personne. Il n’est pas rare qu’une difficulté partagée s’évanouisse. Oui, j’en veux à telle personne de m’avoir imposé ceci ou cela, d’avoir (peut-être) eu raison sur certains points, ou de m’avoir touchée là où ça fait mal, vous savez, lorsque je vois en moi ce que j’ai tendance à reprocher aux autres…

Ensuite, j’ai l’espoir que cette expérience soit une étape de croissance spirituelle. En tout cas, j’ai appris quelque chose sur moi.

Libre de tout ressentiment

liste-retablissementC’est par la liste de leurs ressentiments que certains AA abordent leur quatrième étape.

Une amie m’a confié que sa liste comportait 400 ressentiments. Quel fardeau en effet, et comme ça peut faire du bien de s’en alléger ! Une bonne raison de s’atteler à son inventaire personnel.

Définition du ressentiment : en vouloir à quelqu’un, ruminer ses griefs. Dans ce terme, il y a également ressentir, les émotions interviennent mais ce sont des émotions négatives, qui font du mal.

Ce nouvel an, j’ai pris la résolution de vivre libre, libre de tout ressentiment.

Bien sûr, tous ne peuvent vous plaire également et j’ai appris, grâce à Al-Anon, et à ma grande surprise, que je ne pouvais pas plaire à tout le monde.

Pourtant c’est normal, puisque moi-même, je n’aime pas tout le monde également, et je n’ai parfois pas envie de parler à des personnes qui ne m’ont pourtant rien fait de mal.

Il existe même quelques personnes dont le nom me fait sursauter, et accélère mon rythme cardiaque.

Dans mes prières à ma Puissance Supérieure, je les place mentalement dans un doux cocon et je les imagine dans les nuages, détendus et heureux.

Je suis infiniment reconnaissante de cette liberté toute nouvelle qui me rend la vie plus légère.

La tolérance

J’ai toujours été prompte à juger les autres. Je les cataloguais au premier coup d’œil. J’ai tâché de toutes mes forces de lutter contre ce défaut, ce qui m’a conduite à me rapprocher de toutes les personnes que j’avais envie de fuir. Puis mon besoin de contrôle me faisait mettre tout en œuvre pour essayer de les façonner comme j’aurais voulu qu’ils soient. Au cours de mon travail de 4ème et 5ème étape, ma marraine m’a suggéré d’accepter mon impuissance devant ce défaut de caractère, ce qui a eu quelques effets positifs. Peut-être que je me suis arrêtée là et que je n’ai pas suffisamment demandé à ma Puissance Supérieure de me l’enlever.

Aujourd’hui je constate que j’ai parfois tendance à rechuter dans ce domaine.

Je me suis vue à l’œuvre au cours d’un stage de formation. Un des participants prenait sans arrêt la parole et me dérangeait mais la formatrice a accueilli toutes ses interventions avec bienveillance, mettant en pratique un principe qu’elle préconisait « Prends moi comme je suis ». Je me suis dit qu’elle me donnait une bonne leçon, digne d’Al-Anon.

Dans notre réunion Al-Anon, je ne suis pas toujours d’accord avec ce qui est dit : certaines personnes nouvelles venues préconisent par exemple de consulter un psychologue. L’avantage de ne pas se répondre, de ne pas faire de polémique, m’évite de me jeter dans la bataille pour la contredire, m’empêche de vouloir absolument la « recadrer » tout de suite. Au contraire, l’accueil de ce qui est dit, avec un large sourire, me fait du bien. Je constate que les nouveaux venus ont souvent beaucoup de choses à m’apprendre. Je tâche d’avoir cette attitude avec les amis trop bavards au téléphone. Au lieu de me dire « Tu lui demandes comment il va et il te fait son témoignage ! », je me demande ce que cette personne va pouvoir m’apprendre. Du coup j’écoute mieux.

Dans « Les voies du rétablissement » page 126 à propos de la 12ème étape, il y a un texte que je cite lorsque quelqu’un se plaint que quelque membre du groupe parle trop. Un miracle peut se produire si je change mon attitude vers plus de tolérance.

Dans spirituel, il y a rituel…

J’ai rencontré la spiritualité dans les fraternités en douze étapes.
J’ai entendu parler d’un programme et ça m’a fait envie :

Si vous voulez ce que nous avons…

dit le préambule des Alcooliques Anonymes.
Ma progression spirituelle nécessite une pratique disciplinée qui devient un mode de vie.
1- Lire quotidiennement la page du jour (selon les années je lis « Un jour à la fois » des Emotifs Anonymes, « Le courage de changer » ou « De l’espoir pour aujourd’hui » d’Al-Anon). Je pense que ces textes ont été écrits par des personnes hautement éclairées et j’en redécouvre de nouveaux aspects chaque année.
2- M’agenouiller pour prier ma Puissance Supérieure. La conception que j’en ai évolue au fil du temps, elle a parfois ressemblé au « Dieu » des religions de mon enfance, en plus aimant… Ma prière est simple, je pense simplement à remercier. Puis je demande d’être protégée ainsi que les personnes qui me sont chères… parfois j’inclus les fraternités anonymes dans ma prière.
3- Aller en réunion chaque semaine sans me demander si j’en ai envie ou pas.

Si je suis assidue à ce programme, le reste viendra tout seul.

Ce week-end 50ème anniversaire d’Alcooliques Anonymes France


D’après la rumeur, nous serons 1500 à la réunion plénière du samedi.
Et toutes les fraternités en douze étapes auront leur stand :
Al Anon – Narcotiques Anonymes – Nar Anon – Dépendants Affectifs et
Sexuels Anonymes – Emotifs Anonymes – Work Anonymes –
Anorexiques et Boulimiques Anonymes – Survivants de l’Inceste
Anonymes – Arts Anonymes – Outre-mangeurs Anonymes –
Cocaïnomanes Anonymes – Débiteurs Anonymes – Chefs d’Entreprise
Débiteurs Anonymes – Adultes Enfants d’Alcooliques – Dépressifs
Anonymes -…
Je viens de lire cet article sur le congrès et franchement ça me donne la chair de poule, tellement je trouve ça beau !
http://congres.alcooliques-anonymes.fr/documents/perif_congres_2010.pdf
Alors, rendez-vous à la fête !

Agir aisément

Ce slogan Alcooliques Anonymes était le thème de notre réunion ce jour-là.
Ce slogan me parle, à moi qui encore souvent, ne sais pas me comporter en société, qui reste muette sans trouver les mots, qui ai l’impression d’être une potiche, de ne pas être à ma place.
Ou alors, qui, dans un élan de spontanéité décalée, se met à dire n’importe quoi, au risque de choquer les autres, des paroles qui me nuisent.
J’aimerais tant être plus décontractée, ne pas me surveiller sans cesse !
Et je réalise aussi que dans mon cas de codépendante, agir aisément pourrait bien être, souvent, ne pas agir.
Me taire : ne pas donner de conseil ou d’opinion non sollicités. Attendre que les situations se règlent d’elles-mêmes sans mon intervention.
Je me promets de ne pas proposer de l’aide non sollicitée (pendant quelques temps au moins). J’en arrive à me dire que je ne suis pas obligée d’être gentille avec tout le monde, même ceux qui me traitent mal, et que d’ailleurs, il y a peut-être une relation de cause à effet entre mon comportement habituel et la façon de me traiter…
Comme il est difficile à une codépendante, de ne pas tout faire pour satisfaire le désir de l’autre, même non formulé, de ne pas s’écarteler pour faire plaisir à tout le monde à la fois, pour ne pas culpabiliser de ne tenter que 95% des possibilités !
Je me mets alors à réaliser quelques travaux pratiques, je me fais violence pour ne pas me lever et apporter un livre à la modératrice qui souhaite lire un passage de la littérature.

Atelier 4ème et 5ème étape

A la demande de nombreux membres, un atelier était organisé à cette convention Alcooliques Anonymes.
La salle était comble.
Les organisateurs expliquèrent que la partie 5ème étape (avouer à un autre être humain) était facultative, qu’elle se ferait en binôme, avec un parrain d’un jour.
Que cette démarche n’est pas anodine, qu’elle provoque des changements, beaucoup d’émotion, et il était conseillé d’éviter toute décision importante prise à la suite de cette journée.
Suivirent des témoignages.
– ne pas tricher, ne pas « entuber » mon interlocuteur, et pour cela choisir un AA (qu’on ne peut flouer comme on le ferait avec un psy ou avec un curé).
– cesser d’intellectualiser, « fermer sa gueule », écouter, mettre les obstacles à leur juste niveau, ni trop haut ni trop bas.
– ne pas oublier les défauts que l’on chérit !
– je n’ai pas fait ma 4ème étape, je l’ai seulement commencée. Ensuite, c’est comme en informatique, il faut faire des mises à jour
Ensuite des documents sont distribués, tout d’abord un tableau d’inventaire, directement inspiré du chapitre 5 du Big Book (Notre méthode).
Inventaire 4ème etape
Après un temps libre pour remplir ce tableau, nouveau temps de partage où des questions peuvent être posées, des précisions données.
Par exemple, il est dit que la 3ème colonne ramène sur soi, évite de faire l’inventaire de l’autre…
Se méfier des fausses culpabilités liées à des abus sexuels, des humiliations…
Signaler qu’il est possible d’avoir des ressentiments avec les institutions.
Préciser que dans cet inventaire, on ne regarde pas ce qui se passe dans la société.
Ensuite, un document détaillé est distribué, c’est le guide de travail de 4ème étape des Narcotiques Anonymes.
Dans la soirée étaient prévus des temps de partage et la possibilité de trouver un parrain d’un jour pour avouer la nature exacte de nos torts.

Oser dire bonjour

J’ai longtemps cru que la définition de la codépendance, c’était de m’approcher de ceux qui me déplaisent.
En fait, ce n’est pas cela : j’ai la faculté (chance ? privilège ? défaut de caractère ?) d’être un détecteur de toutes les causes de souffrance : laideur, taille, infirmité, solitude, maladie, tristesse, couleur de peau… L’expérience m’a appris combien il peut être dangereux d’offrir, ne serait-ce qu’un sourire, à un être en grande souffrance. Et en effet, les autres, les normaux, ont appris à ne pas regarder, ne pas fixer, ne pas créer d’interaction dangereuse. Pour ne pas être collé, pour ne pas qu’on nous raconte sa vie, qu’on nous drague, qu’on s’attache à nous, qu’on nous harcèle, également pour ne pas être amené à rejeter quelqu’un que l’on a approché.
Le programme des douze étapes m’apprend la voie du juste milieu, oser interagir avec l’autre et savoir se protéger de tous les excès. Pour moi, c’est apprendre à prendre congé avec gentillesse et fermeté… de plein de nouveaux amis qui enrichissent ma vie.