Anonymat et secret

« Nous ne serons plus liés par nos secrets dans la honte. »

De la survie au rétablissement page 248.

Sans doute parce que dans ma famille, on a le goût du secret, cela me convenait bien de rejoindre une fraternité où on en disait le moins possible sur soi-même (pas de nom de famille, je ne parle pas de mon métier, etc…).

Pendant longtemps, j’ai confondu Anonymat et secret.

Je me cachais pour aller en réunion, j’avais peur de rencontrer des voisins ou des collègues. Je ne parlais pas de mon activité à la Maison des Associations. J’ai dit à mes parents et à mes amis que j’appartenais à une association secrète et que je ne pouvais pas leur en dire plus. Je tâchais le plus possible de cacher mes absences lorsque j’allais à des conventions ou congrès. Mon mari m’avait demandé de ne pas dire que j’appartenais à Al-Anon, et je craignais qu’ils se mettent à le détester s’ils apprenaient qu’il était alcoolique. En écrivant je me rends compte que cette peur et cette honte n’ont pas de sens si je remplace alcoolique par malade alcoolique. Moi j’espérais secrètement que ce serait lui qui le dirait, lorsqu’il aurait rejoint les AA ce qui ne s’est pas encore produit à ce jour.

Eh bien oui, un jour j’ai senti que je devais parler d’Al-Anon à mes proches. Je leur ai dit ce que c’était que cette fameuse association secrète : ils tombaient des nues, n’avaient jamais rien remarqué. Leur attitude envers mon mari est toujours aussi aimante, peut-être même davantage. Est ressortie de cette discussion la notion d’une arrière grand-mère alcoolique. Je pense que mes oncles sont alcooliques. Et depuis, je commence à parler d’Al-Anon autour de moi. Une relation : elle est fille d’alcoolique. Mon médecin : il m’écoute, d’ailleurs il est fils d’alcoolique. Mon chef : il a perdu son gendre, alcoolique. Récemment, mes amies me redemandent : « Alors tu ne veux toujours pas nous dire ce que c’est cette association secrète ? » Après une minute de réflexion, je leur réponds et leur réaction c’est : « Mais pourquoi c’était un secret ? ». Aucune d’elles n’a fait le lien avec mon mari qu’elles connaissent. Et l’une d’elle a ajouté que : « Oui, c’est un grave problème ! ». Il faut que je pense à lui donner un petit carton…

Une amie qui parle volontiers d’Al-Anon autour d’elle a l’habitude de conclure : « D’ailleurs, qui ne connaît pas un alcoolique ? »

J’appartiens à Al-Anon parce qu’il y a des malades alcooliques dans mon entourage. Je comprends mieux maintenant pourquoi en réunion, je n’ai pas besoin de préciser lesquels.

 

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La codépendance, une question de limites

La question des limites est une des caractéristiques primaires de la codépendance, nous dit Melody Beattie dans « Au delà de la codépendance ». C’est à dire que le codépendant a du mal à définir où il finit et où commence l’autre personne. Par exemple, nous pouvons avoir du mal à définir la différence entre nos sentiments, nos problèmes, notre responsabilité et les sentiments, problèmes, responsabilités de quelqu’un d’autre. Souvent le problème n’est pas que nous prenions la responsabilité pour les autres, mais que nous nous sentons responsables pour eux. Notre capacité à nous définir et à nous distinguer nous-mêmes des autres, est flou. Les frontières qui nous entourent sont floues. Les gens dont les limites sont faibles, semblent « prendre » ou absorber les sentiments des autres, comme une éponge absorbe l’eau.

Ci-dessous un petit cadeau !

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Comme nous ne serons plus terrifiés

J’ai enfin compris la différence entre la sixième et la septième étape ! Au cours d’une réunion sur la sixième étape, j’ai partagé au groupe un défaut de caractère que je souhaitais conserver. Or, il m’a été enlevé. Par la suite je ne me suis pas rebellée, je n’ai pas cherché à le retrouver, j’ai donc consenti à cet état de fait.

Un an plus tard, je découvre dans une réunion sur la septième étape, qu’il existe peut-être encore d’autres défauts de caractère et que je peux demander humblement à en être débarrassée. C’est alors que ma Puissance Supérieure m’envoie une personne qui questionne mes comportements et à qui je n’ai rien d’autre à opposer que : je crains que…, j’ai peur de…

Depuis cette  prise de conscience, j’ai le sentiment d’être délivré de la peur. Je ne savais pas que c’était un défaut de caractère. Quelle libération ! C’est le plus beau cadeau que le programme m’ait apporté jusqu’ici. Et c’est grâce au service que j’ai pu faire ce progrès fulgurant. Merci Al-Anon.

Atteindre la liberté personnelle

Le livre « Atteindre la liberté personnelle » est formidable, très pratique et même ludique. Il fait très bien comprendre comment puiser la sagesse et les ressources pour soi-même non seulement des 12 Etapes mais aussi des 12 Traditions et des 12 Concepts de Service. Ces deux derniers Héritages ont été toujours compris par moi comme des principes rigides et administratifs de fonctionnement d’une association – Al-Anon. Mais ce livre montre que ces 2 Héritages peuvent aussi très bien servir ma vie quotidienne, au même titre que les 12 Etapes. Du coup le spectre des possibilités d’agir, de thèmes à méditer, s’est élargi pour moi et les 2 héritages ne sont plus étranges, éloignés de la vie de tous les jours, abstraits. Le livre me montre d’une façon très simple et abordable en quoi les 3 héritages peuvent m’être utiles à moi – en tant qu’être-humain dans ma vie quotidienne (et non à moi en tant que membre d’une association avec les règles à respecter). Ca change tout pour moi, car je peux voir maintenant que ces héritages (autrefois étranges et peu compréhensibles), m’habitent et m’aident à me rétablir, sans que j’en soi consciente. Grâce à ce livre la perception d’Al-Anon est devenu pour moi différente et plus complète, car je ne le voie plus comme une structure rigide avec les 12 étapes à respecter, à suivre (comme une religion), mais je vois maintenant Al-Anon comme un organisme vivant, où les 3 héritages s’entremêlent pour m’aider à tisser ma vie, mon parcours, à avancer sur mon chemin. Ce sont de vrais outils vivants pour continuer mon rétablissement. Maintenant je comprends très bien le sous-titre « Vivre les Héritages » 🙂

Eliza