Al-Anon est pour les écorchés vifs

Tant d’êtres bourrés de revendications et de mal-être, pourraient bénéficier d’Al-Anon.

Le contact des amis qui pratiquent le programme de rétablissement en douze étapes m’a appris qu’il ne sert à rien de se répandre et d’énumérer ses malheurs et ses griefs (envers l’alcoolique, envers sa belle famille, envers la société, envers ses collègues de travail, etc…).

La réunion a ce caractère frustrant qui fait qu’on ne peut déposer sur la table qu’une partie de son fardeau, celle qui pèse le plus lourd (pour laisser aux autres la possibilité de s’exprimer aussi). Ce faisant, il faut bien passer sur les détails, aller à l’essentiel, se dire : « Est-ce si important ? ».

On peut abandonner des grands pans de ses problèmes, simplement en priant pour celui qui nous a fait du mal (une prière non directive, pas une du genre « qu’il souffre tout ce qu’il m’a fait souffrir » mais plutôt « que les souffrances qui le rendent si méchant soient soulagées »).

On a aussi le choix de se laisser obséder par une situation ou tout simplement de tourner son attention ailleurs.

Le programme, les réunions, la littérature, vont permettre un grand ménage intérieur, menant à une vie claire et lumineuse, non obscurcie par le ressentiment (comme ce ciel).

ciel-calme

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Les 3M : manipuler, materner, martyre

Mon enfance dans un foyer perturbé par la névrose m’a appris que dire les choses tout simplement pouvait être dangereux. Ainsi j’ai appris à obtenir ce que je voulais par des voies détournées, en contournant les réactions de l’autre, en jouant sur les touches sensibles qui le font agir, et que je connais si bien, comme par exemple jouer à la martyre…

Oui dire les choses simplement, exprimer mes besoins et mes désirs, peut générer des réactions chez l’autre, mais ce sont les réactions de l’autre, elle ne m’appartiennent pas, j’apprends à les affronter, à les supporter, à y survivre.

Materner, c’est encore et toujours mon hobby. Prévenir les besoins des autres, proposer des aides non sollicitées, donner encore et toujours, ce qui conduit à la lassitude, au ressentiment (« après tout ce que j’ai fait, comment se fait-il que ? « ), à l’impression d’être martyre.

Je découvre que je suis la personne qui me martyrise le plus.