J’ai croisé mon collègue aperçu aux AA hier matin (il faut dire que mon lieu de travail est vaste et que je ne le vois pas tous les jours), et depuis, je suis obsédée par mon envie de l’aider.
Je me dis que l’alcoolisme est aussi la maladie de la solitude.
Et immédiatement, en bonne codépendante, je m’offre comme remède.
Tout d’abord, un sourire, et puis, est-ce que je ne pourrais pas l’inviter à boire un café, régulièrement, c’est à dire tous les jours bien sûr, être là pour lui, lui montrer que je suis une amie…
C’est ainsi que l’on s’engage dans des situations impossibles, créant des habitudes qui n’ont pas été sollicitées et et qui finissent par devenir trop pesantes.
Dans le temps, j’aurais tout fait pour rendre cet homme amoureux de moi.
C’est là que le programme et quelques slogans deviennent utiles : n’étant pas alcoolique, je suis impuissante à l’aider. Point.

; ;

Advertisements

2 réflexions sur “Connaître son impuissance…

  1. Justes quelques remarques, ne connaissant pas la grande amitié qui lie les participants d’Al-Anon , expliquez-moi le rapport entre chercher à rendre un homme amoureux de soi et chercher à l’aider…Aider en cherchant à se faire aimer, ce n’est pas aider effectivement.Quant à penser que ne pas être alcoolique rend impuissant à l’aider, je comprend mieux le sentiment d’exclusion que ressentent ces personnes.

  2. Bonjour Lola, je pense que ce comportement est typiquement codépendant (rendre quelqu’un amoureux en cherchant à l’aider), je l’ai retrouvé décrit dans le livre de Robin Norwood : « Ces femmes qui aiment trop » qui devrait plutôt s’appeler « Ces femmes qui aiment mal ». Y participent un sentiment de toute puissance, croire qu’on peut changer l’autre simplement par amour, s’oublier et devenir obsédé par la personne, du fait d’un vide intérieur… Il y aurait beaucoup à dire sur cette maladie complexe qu’est la codépendance. Quant au sentiment d’exclusion que peuvent ressentir les malades alcooliques, je pense qu’il y a toujours des codépendants qui passent et qui s’empressent de vouloir les aider, mais que cette aide est inefficace. Seul les malades alcooliques eux-mêmes sont à même de comprendre et d’aider ceux qui souffrent de cette maladie.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s