Connaître son impuissance…

J’ai croisé mon collègue aperçu aux AA hier matin (il faut dire que mon lieu de travail est vaste et que je ne le vois pas tous les jours), et depuis, je suis obsédée par mon envie de l’aider.
Je me dis que l’alcoolisme est aussi la maladie de la solitude.
Et immédiatement, en bonne codépendante, je m’offre comme remède.
Tout d’abord, un sourire, et puis, est-ce que je ne pourrais pas l’inviter à boire un café, régulièrement, c’est à dire tous les jours bien sûr, être là pour lui, lui montrer que je suis une amie…
C’est ainsi que l’on s’engage dans des situations impossibles, créant des habitudes qui n’ont pas été sollicitées et et qui finissent par devenir trop pesantes.
Dans le temps, j’aurais tout fait pour rendre cet homme amoureux de moi.
C’est là que le programme et quelques slogans deviennent utiles : n’étant pas alcoolique, je suis impuissante à l’aider. Point.

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Dieu « tel que je le conçois »

L’ami qui fêtait son anniversaire présentait toutes les caractéristiques de quelqu’un en bonne santé physique et mentale : détendu, heureux, prospère…

Il ajouta « tout ceci grâce à Dieu tel que je ne le conçois toujours pas. »

On peut lire dans le Big Book (Les alcooliques Anonymes) le 5ème témoignage de celui dont la contribution fut d’ajouter « tel que je le conçois » au terme Dieu.

Il me semble que cette contribution est capitale. Le programme de rétablissement s’adresse à tous, y compris ceux – et ils sont nombreux – qui ont rejeté un dieu sévère, injuste et vengeur tel qu’il est colporté par certaines religions.

Ma Puissance Supérieure à moi n’est que bonté.

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Les fraternités AA et Al-Anon

Hier soir, nous étions 40 à l’anniversaire de dix ans de sobriété d’un ami AA.
Comme toujours, j’éprouve beaucoup d’émotions dans ces réunions, tellement riches d’espoir.
Un ami était venu de New-York et a modéré dans les règles de l’art.
Quand j’y pense, je n’ai peut-être pas autant d’amis dans ma ville que j’en ai parmi les AA, et ce sont des amis que j’ai toujours infiniment de plaisir à rencontrer. Des amis vrais, avec qui on ne parle pas de la pluie et du beau temps.
J’ai été un peu troublée par la présence d’un collègue et ma maladie de codépendante ne pouvait s’empêcher de couver : comment pourrais-je l’aider ? Comment lui dire qu’il n’a rien à craindre, que je respecterai toujours son anonymat, que je ne le surveillerai pas ? Qu’il est mon frère ?

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La colère

La colère est impensable dans mon éducation.

Elle se manifeste chez moi sous forme de larmes.

Donc hier soir, grosse crise de larmes lorsque quelqu’un me rappelle une procédure, ce que je traduis, du fait de mon immense susceptibilité par :

« Ca ne marche pas comme tu crois, ma petite ! »

Et encore :

« Pour qui te prends-tu ? »

Le temps de laisser la raison sêcher mes larmes, car je suis toujours infiniment compréhensive pour tous les arguments des autres, c’est la colère qui prend le dessus et qui se retourne contre moi, car je fais une crise de boulimie, ce qui est rarissime chez moi.

Je me sens mal, je ne m’aime pas du fait de cette colère, je cherche désespérément des interlocuteurs, avant de décider que le mieux c’est de laisser tomber et de me changer les idées devant un film.

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Améliorer notre contact conscient…

bateau-brume
Ma marraine m’a rappelé que les étapes se pratiquent tous les jours. J’ai cherché, par la méditation à améliorer mon contact conscient avec Dieu tel que je le conçois.
Donc, ce matin, petite introspection. Qui suis-je ? Quels sont mes souhaits profonds ?
Je me suis retrouvée le chiffon à poussière à la main, en train de mettre de l’ordre dans l’appartement.
Ensuite j’ai téléphoné à une amie et nous avons convenu que j’irai la voir cet après-midi (j’avais vraiment envie de la voir, mais je ne savais pas comment arranger cela en tenant compte des souhaits de mon mari).
Besoin de contacts, de relations humaines, et pas seulement avec cet ordinateur qui est souvent muet le week-end.
Mon mari, quant à lui, semble content que je le laisse tranquille cet après-midi…
Tant pis, je grille l’inspiration pour une nouvelle note, mais avec ce programme, j’ai évité de mettre trop d’attentes sur ma journée du dimanche qui passe tout de même si vite.
Et c’est bien ainsi.

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Les renoncements nécessaires

eglise

Un témoignage entendu à la réunion des Alcooliques Anonymes m’a beaucoup parlé et fait réfléchir.

Récemment j’ai pratiqué le renoncement dans des domaines de ma vie qui n’ont rien à voir avec l’alcoolisme. C’était faire une première étape… disons… élargie.

Le résultat a été spectaculaire :

« Renoncer, c’est s’alléger pour mieux avancer ».

Ayant laissé de côté des choses qui limitaient mes choix, je m’aperçois que je peux m’appuyer sur mes renoncements pour repartir vers une nouvelle vie.

Alleluiah !!!

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Dissidente ?

Ma peur d’être rejetée prend le dessus, suite aux propos que j’ai tenus hier. Ma peur d’être classifiée « dissidente » surtout si je mets à raccoler en cherchant des liens du côté des Dépendants sexuels.

Oui, je trouve qu’on ne fait pas tout ce qu’on pourrait en matière d’info publique, et que le respect de l’anonymat est le principal obstacle.

Oui, je trouve qu’il existe de l’inertie dans les structures qui fait qu’il faudra du temps pour que l’idée de blogs interconnectés soit acceptée.

Oui, je voudrais passer la vitesse supérieure et réinventer Al-Anon à ma façon.

Du calme. Je ne suis pas la première sur ce chemin-là, emportée par l’enthousiasme et … l’illusion… Car, quelque soit le niveau d’info publique, ne prendront connaissance du programme et n’en bénéficieront que ceux qui sont prêts.

Je ne suis pas la première à souhaiter essayer d’autres méthodes, avant d’en revenir à la méthode qui a fait ses preuves.

Et personne ne devrait m’en vouloir de ses élans car, comme le dit « Le courage de changer » à la page du 5 janvier, une page que j’affectionne :

Je dois apprendre à donner à ceux que j’aime le droit de faire leurs propres erreurs et les reconnaître comme étant les leurs.

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Travailler ses étapes

Ma marraine me dit que le programme, c’est quelque chose de quotidien, qu’on ne le prend pas quand on en a besoin et qu’on ne le jette pas quand ça va bien.

Pourtant, je n’ai toujours pas très bien compris ce que signifie : travailler ses étapes.

Lire un peu de littérature, méditer, passer en revue sa journée ou se préparer à la journée à venir ?

Peut-être que pour moi, travailler mes étapes, c’est écrire dans ce blog…

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Le mensonge

glacier

Une amie Al-Anon m’a transmis un texte dans lequel je ne me reconnais pas, peut-être parce que je n’ai pas grandi avec des parents alcooliques. Je le résume parce que je pense qu’il est éclairant pour certains comportements.

J’étais tellement tournée vers l’autre, que je ne voyais pas à l’intérieur de moi-même. Ou plutôt je ne voyais que mes défauts et j’avais si peur que l’autre les voie que je me suis mise à me raconter des histoires sur qui j’étais et ce que j’avais fait. J’en suis venue à adhérer complètement à mes histoires si bien que lorsque j’ai dû faire mon inventaire de quatrième étape, j’ai eu beaucoup de mal à trier entre ce qui était réel et ce qui ne l’était pas.

Je ne me sens pas concernée, pourtant je me suis beaucoup menti à moi-même, beaucoup illusionnée !

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Les origines

J’ai donc grandi dans une famille qui n’était pas alcoolique, mais qui était très névrosée. Si l’on regarde une photo de mon grand-père jeune, on voit un visage dur et ambitieux. Qui contraste fortement avec l’image du grand-père un peu lamentable, qui me reste. Quelqu’un qui a trimé dur, pour une réussite somme toute modeste, bien en deça de ses attentes, probablement.

Pour ses enfants, c’était un homme lamentable, qu’il fallait valoriser à tout prix.

Ca vous dit quelque chose peut-être ?

A mon avis, voilà la névrose de cette partie de la famille, névrose transmissible (mais non génétique, comme chacun sait)…

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