Echouer pour être aimée…

La quatrième étape suivie d’une sorte de cinquième (avouer à un autre être humain, à mon groupe en l’occurence, la nature exacte de nos torts), m’a propulsée dans la sérénité pendant près de deux mois.

Je suis injuste avec le programme puisque je l’oublie quand tout va bien.

L’appréhension d’une période un peu plus difficile sur le plan professionnel m’a fait renouer avec le programme.

Je lis Melody Beattie (Codependent’s guide to the twelve steps, pas encore traduit en français).

Elle nous suggère de remplacer le terme défauts de caractère par particularités de caractère.

La sixième étape nous dit : “Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu (tel que nous le concevons) élimine tout ces défauts de caractères”.

Il suffit de consentir et ça marche : on commence à se rendre compte des particularités de son mode de fonctionnement qui nous empoisonnent la vie.

Ainsi, quand tout va bien, une petite voix angoissante au fond de moi me souffle que, si je réussis trop bien, les gens vont se mettre à me détester…

codépendance douze étapes

La 4ème étape

 extraits du Big Book : Alcooliques Anonymes, Chapitre V, Notre méthode

… Nous avons cherché les faiblesses de notre personnalité qui avaient causé notre faillite…

Le ressentiment est l’ennemi N°1.

… Nous avons dressé la liste des personnes, des institutions ou des principes qui suscitaient notre colère. 

… Sur la liste de nos ressentiments, nous avons inscrit la nature de notre blessure en nous demandant quel aspect de notre vie avait été atteint : notre amour-propre, notre sécurité, nos ambitions,  nos relations personnelles, nos relations sexuelles.

… Nous avons soigneusement passé en revue toutes nos craintes en les écrivant même si aucun ressentiment n’y était rattaché. 

Faire la liste de mes ressentiments m’a beaucoup aidée à réfléchir, à y voir plus clair. Inclure les institutions dans les causes a été extrèmement bénéfique.  D’énormes pans de ressentiments sont tombés, laissant place à une grande tristesse. J’ai l’impression qu’il s’agit maintenant d’un processus de deuil vis-à-vis des ambitions perdues.

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Un espace de parole libre

Une réunion, cela reste le seul endroit au monde où la parole est protégée.
Où chacun peut s’exprimer à son tour, qu’il ait beaucoup ou peu de voix, qu’il soit timide ou médiatique.
Un rare endroit où l’on écoute, au lieu de penser à ce qu’on va bien pouvoir dire pour surenchérir.
Un endroit où l’on parle de ses souffrances, où l’on s’épargne par pudeur les détails des injustices subies (de la part d’une belle-mère, d’un chef, d’un collègue, d’un enfant).
Un endroit où personne ne va nous prendre la tête avec des récits de vacances en des lieux où nous n’irons jamais, ni de soirées où nous n’étions pas invités.
Un endroit où l’on n’a pas besoin de feindre d’aller bien, où l’on peut se montrer faible, en larmes, malheureux, triste, désemparé, perdu…
Un espace de parole libre et vraie. Un don rare.

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Le ressentiment

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La littérature Al-Anon emploie souvent ce terme sans le définir.
ressentiment n.m. souvenir d’une injure, avec désir de s’en venger

Moi j’appelle cela, avoir une dent contre quelqu’un. Et de fait j’ai pour habitude de collectionner les dents. Peut-être surtout envers les gens qui ont eux-mêmes du ressentiment à mon égard.

Le merveilleux programme en douze étapes nous offre le moyen de traiter et de guérir le ressentiment. En souhaitant tout le bonheur du monde à la personne pour laquelle on éprouve du ressentiment. Même si on ne le croit pas trop au début, il suffit d’essayer et cela finit par marcher.

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Changer, un leit-motiv…

eolienne

Ca fait du bien de voir les amis Al-Anon changer au fil du temps et des réunions. De les voir adopter d’eux mêmes des attitudes qu’on aurait eu envie de leur suggérer. De les voir relâcher la pression sur leurs proches malades, surtout…

Voir les autres changer nous montre que c’est possible, ouvre d’autres voies, nous laisse entrevoir des possibilités infinies. Changer de travail, changer d’habitudes, changer de compagnon, partir, oser, risquer…

Changer, c’est être jeune, quelque soit son âge !

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Le courage de changer

Je viens de voir que mon petit livre : Le courage de changer, porte un marque-page à la page du 5 janvier. Pas étonnant que je me sois sentie aussi mal hier…

Je suis repartie dans un tourbillon d’activités de tous genres, au point de n’avoir pas le temps de pratiquer le programme, de lire ma littérature, et d’écrire dans ce blog.

Je suis épuisée et je dois bien avouer mon impuissance à être une force de la nature.

Hier, j’ai eu même très envie d’aller boire, bien que je ne sois pas… alcoolique.

Alors j’ouvre Le courage de changer à la page du 10 février, et le petit livre me parle de créativité. Hier justement j’étais bourrée de doutes sur le bien fondé de mes actes, de mes choix, je craignais de m’être bercée d’illusions, menti à moi-même.

Une réunion et une bonne nuit de sommeil plus tard… je suis autorisée à ne pas être forcément performante, mais à m’adonner à ma créativité. Inventer une nouvelle recette, imaginer un logo, imprimer des petites cartes de visite pour Al-Anon, prendre du temps pour moi…

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Rendre quelqu’un amoureux…

(voir aussi le commentaire de ce billet)

Je voudrais expliquer mieux en quoi cette - allez on va dire déficience, ou plutôt trait de caractère - se rapporte à la codépendance. Ce n’est pas une décision consciente du genre “Tiens, je vais rendre cette personne amoureuse de moi”. Cela se construit dans le cadre d’une relation inauthentique. Je repère quelqu’un qui souffre, je me demande comment je pourrais l’aider, je me mets à l’accabler de petites attentions non sollicitées (un sourire, une invitation à un café, un coup de téléphone). C’est là qu’une deuxième déficience-trait de caractère entre en oeuvre - sans doute la mauvaise estime de soi -. A un moment, je découvre dans le regard de cette personne un signe qu’il m’aime bien, qu’il commence à s’attacher, voire qu’il est surpris et incrédule de mes attentions à son égard. Et, peut-être parce que cela rencontre mon propre besoin d’être aimée et reconnue, je vais me mettre à souffler sur la lueur que j’ai vue, je vais attiser la braise jusqu’à la transformer en passion à mon égard. Passion que je ne partage malheureusement pas, mais que je vais éventuellement feindre, dont je vais même essayer de me convaincre, pendant un certain temps, jusqu’à ce que cela devienne trop dur, trop pesant, malgré tous mes efforts.
Aujourd’hui j’ai pris conscience de ce comportement, et j’ai appris à l’éviter…

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Connaître son impuissance…

J’ai croisé mon collègue aperçu aux AA hier matin (il faut dire que mon lieu de travail est vaste et que je ne le vois pas tous les jours), et depuis, je suis obsédée par mon envie de l’aider.
Je me dis que l’alcoolisme est aussi la maladie de la solitude.
Et immédiatement, en bonne codépendante, je m’offre comme remède.
Tout d’abord, un sourire, et puis, est-ce que je ne pourrais pas l’inviter à boire un café, régulièrement, c’est à dire tous les jours bien sûr, être là pour lui, lui montrer que je suis une amie…
C’est ainsi que l’on s’engage dans des situations impossibles, créant des habitudes qui n’ont pas été sollicitées et et qui finissent par devenir trop pesantes.
Dans le temps, j’aurais tout fait pour rendre cet homme amoureux de moi.
C’est là que le programme et quelques slogans deviennent utiles : n’étant pas alcoolique, je suis impuissante à l’aider. Point.

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Dieu “tel que je le conçois”

L’ami qui fêtait son anniversaire présentait toutes les caractéristiques de quelqu’un en bonne santé physique et mentale : détendu, heureux, prospère…

Il ajouta “tout ceci grâce à Dieu tel que je ne le conçois toujours pas.”

On peut lire dans le Big Book (Les alcooliques Anonymes) le 5ème témoignage de celui dont la contribution fut d’ajouter “tel que je le conçois” au terme Dieu.

Il me semble que cette contribution est capitale. Le programme de rétablissement s’adresse à tous, y compris ceux - et ils sont nombreux - qui ont rejeté un dieu sévère, injuste et vengeur tel qu’il est colporté par certaines religions.

Ma Puissance Supérieure à moi n’est que bonté.

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Les fraternités AA et Al-Anon

Hier soir, nous étions 40 à l’anniversaire de dix ans de sobriété d’un ami AA.
Comme toujours, j’éprouve beaucoup d’émotions dans ces réunions, tellement riches d’espoir.
Un ami était venu de New-York et a modéré dans les règles de l’art.
Quand j’y pense, je n’ai peut-être pas autant d’amis dans ma ville que j’en ai parmi les AA, et ce sont des amis que j’ai toujours infiniment de plaisir à rencontrer. Des amis vrais, avec qui on ne parle pas de la pluie et du beau temps.
J’ai été un peu troublée par la présence d’un collègue et ma maladie de codépendante ne pouvait s’empêcher de couver : comment pourrais-je l’aider ? Comment lui dire qu’il n’a rien à craindre, que je respecterai toujours son anonymat, que je ne le surveillerai pas ? Qu’il est mon frère ?

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