Une quatrième étape thématique

matin
Le livre de Melody Beattie (Codependent’s guide to the 12 steps) propose comme activité autour de la quatrième étape de s’attaquer à une question qui nous préoccupe.

J’ai commencé cette étape avec d’énormes ressentiments concernant plein de personnes et institutions au travail… pour finir par découvrir que j’avais finalement de bien maigres ressentiments.

Dans cet inventaire de quatrième étape, j’ai recherché, sur la suggestion de Beattie, les situations où je me sentais coupable bien que je n’aie rien à me reprocher.

C’est mon problème actuel, je suis dans le cerveau des autres, et j’intériorise toutes leurs attentes, toutes leurs façons de penser, tous leurs reproches supposés. Je cherche encore et toujours à être parfaite… à leurs yeux…

En plus, les autres me font peur, et la peur est, avec le ressentiment, mon pire ennemi. Je ne suis pas moi-même avec ces personnes dont j’ai peur, je ne leur réponds pas correctement, je dis ce que je crois qu’ils veulent entendre, je ne sais pas m’expliquer, et si je crains tellement les reproches, c’est parce que je crains de ne pas savoir y répondre.

Enfin, j’ai un dernier problème (identifié pour aujourd’hui), j’ai peur d’être lourde, d’être à peine tolérée, de faire perdre du temps aux autres, de leur coller aux basques, d’où une attitude toujours humble et suppliante qui met certains mal à l’aise. J’ai le droit de m’imaginer que certains ont peut-être envie de ma compagnie, et que c’est leur problème, non le mien, s’ils s’ennuient, et que c’est leur responsabilité de prendre congé et de s’éloigner.

Etre soi

Pour ne pas être un paillasson, il faut se tenir debout.

C’est la pensée du jour, et je suis contente d’apprendre que mon livre de lectures quotidiennes “Le courage de changer” est un livre de méditation.

A une réunion, une amie a attiré notre attention sur notre fragilité.

Comme cela me parle bien lorsque j’essaie d’analyser mes problèmes professionnels.

Il est des réussites que je n’atteindrai pas parce que je suis trop fragile, et des réalisations que je ne ferai pas parce que j’en suis incapable.

Mais j’ai le choix de me redresser, d’avoir confiance en moi sur d’autres points et de ne pas être un paillasson.

J’ai lu un très beau poème sur le site de “un passant anonyme“.

Je veux y ajouter ceci :

Dire la vérité t’a souvent causé des ennuis

Continue à dire la vérité quand même.

Et en guise de gratitude, je vous offre l’un des magnifiques couchers de soleil que j’ai le loisir d’admirer ces jours-ci.

coucher soleil

De l’espoir pour aujourd’hui

C’est le “Un jour à la fois” écrit par les enfants d’alcooliques.

Et il me parle si bien à moi qui ne suis qu’une codépendante !

Par exemple je lis dans la page du jour le 5 octobre :

Mes choix reflètent mon opinion de moi et la relation que j’entretiens avec moi-même

Je dois cesser de me laisser maltraiter avec la croyance que je peux tout supporter (qui cache peut-être la croyance que je ne vaux pas grand chose sans cela…)

Là où il y a du ressentiment, c’est le signe qu’il faut lâcher prise

Robin Norwood décrit si bien dans Ces femmes qui aiment trop, cette attitude qui consiste à en faire trop tout en ayant un dialogue intérieur plein de revendications et le sentiment d’être un martyr.

Comme il est dur de concilier dans la vie des groupes douze étapes la liberté de chacun et la participation pour que le groupe soit fort et vivant !

J’ai souvent envie de pousser des coups de gueule : venez régulièrement que diable ! Participer c’est contribuer à transmettre le message. Faites ce que vous avez dit, que diable ! Au minimum…

Peut-être que les Al-Anon ont besoin de pouvoir enfin s’en remettre à d’autres, poser les pieds sous la table, venir quand ça leur chante,  ne pas se sentir responsables…

En attendant, comme je suis insomniaque aujourd’hui, agir, organiser m’est facile. Mais pour combien de temps ?

La colère

Le livre “L’espoir pour aujourd’hui”, bien que destiné aux enfants adultes des alcooliques, me semble bien convenir aux codépendants. Je me retrouve dans toutes les pages, en remplaçant parent alcoolique par parent malade ou indisponible.

Je découvre que la colère est le sentiment qui me nuit le plus.

Chez moi, la colère n’est pas visible, ni explosive, elle se manifeste dans des écrits satiriques et des critiques cinglantes. Manifester sa colère n’est pas concevable dans ma famille et dans mon éducation.

J’éprouve une immense colère d’avoir cru tout ce que j’ai cru, et d’avoir collaboré avec des tyrans pour me martyriser en victime consentante.

J’ai aimé cette idée : apprendre à exprimer honnêtement et calmement ma colère. C’est un pas de plus vers le chemin qui conduit à apprendre à être soi.

Littérature Al-Anon

Une amie Al-Anon m’a dit que la littérature Al-Anon était la seule autorisée à privilégier, car c’était la puissance supérieure d’Al-Anon qui en dictait l’écriture.

Soit, mais qui peut prétendre n’être qu’Al-Anon ?

Les enfants d’alcooliques ont de fortes chances d’être codépendants.

Et un Al-Anon peut aussi être alcoolique, outremangeur, dépendant des narcotiques.

Al-Anon dit aussi : prenez ce qui vous plaît et laissez le reste. Alors, dans les différentes littératures, je prends ce dont j’ai besoin pour avancer. Le livre “Douze étapes pour les codépendants” m’aide beaucoup.

Il me semble qu’Al-Anon aurait tout à gagner à ne pas se séparer des autres programmes en douze étapes.

Par contre, je suis tout à fait d’accord de ne pas lire Jacques Salomé en réunion.

Al-Anon ; douze etapes ; codependance

Prendre en charge les attentes (supposées) des autres

lausanneParmi les particularités de caractère (déficiences) dont je prends conscience et que je laisse ma PS éliminer, c’est ma propension maladive à prendre en charge les sentiments des autres.

Par exemple, je me projette dans le cerveau de telle ou telle personne de mon entourage, et je formule à sa place des attentes, et j’y réponds sans que la personne ait quoi que ce soit à demander.

Ainsi, je ne la laisse pas exprimer ses besoins d’une part.

Je peux me tromper dans ce que j’invente d’autre part.

Je me fais l’esclave de désirs hypothétiques qui me prennent la tête et me rongent le cerveau.

Par exemple je me dis que telle personne de mon groupe Al-Anon aimerait être rassurée sur la place qu’elle occupe dans le groupe, par un coup de téléphone. Pourtant, lui téléphoner, c’est être encore et toujours dans le contrôle. C’est lui éviter de poser la question (si elle se la pose…)

codépendance ; douze étapes

Echouer pour être aimée…

La quatrième étape suivie d’une sorte de cinquième (avouer à un autre être humain, à mon groupe en l’occurence, la nature exacte de nos torts), m’a propulsée dans la sérénité pendant près de deux mois.

Je suis injuste avec le programme puisque je l’oublie quand tout va bien.

L’appréhension d’une période un peu plus difficile sur le plan professionnel m’a fait renouer avec le programme.

Je lis Melody Beattie (Codependent’s guide to the twelve steps, pas encore traduit en français).

Elle nous suggère de remplacer le terme défauts de caractère par particularités de caractère.

La sixième étape nous dit : “Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu (tel que nous le concevons) élimine tout ces défauts de caractères”.

Il suffit de consentir et ça marche : on commence à se rendre compte des particularités de son mode de fonctionnement qui nous empoisonnent la vie.

Ainsi, quand tout va bien, une petite voix angoissante au fond de moi me souffle que, si je réussis trop bien, les gens vont se mettre à me détester…

codépendance douze étapes

La 4ème étape

 extraits du Big Book : Alcooliques Anonymes, Chapitre V, Notre méthode

… Nous avons cherché les faiblesses de notre personnalité qui avaient causé notre faillite…

Le ressentiment est l’ennemi N°1.

… Nous avons dressé la liste des personnes, des institutions ou des principes qui suscitaient notre colère. 

… Sur la liste de nos ressentiments, nous avons inscrit la nature de notre blessure en nous demandant quel aspect de notre vie avait été atteint : notre amour-propre, notre sécurité, nos ambitions,  nos relations personnelles, nos relations sexuelles.

… Nous avons soigneusement passé en revue toutes nos craintes en les écrivant même si aucun ressentiment n’y était rattaché. 

Faire la liste de mes ressentiments m’a beaucoup aidée à réfléchir, à y voir plus clair. Inclure les institutions dans les causes a été extrèmement bénéfique.  D’énormes pans de ressentiments sont tombés, laissant place à une grande tristesse. J’ai l’impression qu’il s’agit maintenant d’un processus de deuil vis-à-vis des ambitions perdues.

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Un espace de parole libre

Une réunion, cela reste le seul endroit au monde où la parole est protégée.
Où chacun peut s’exprimer à son tour, qu’il ait beaucoup ou peu de voix, qu’il soit timide ou médiatique.
Un rare endroit où l’on écoute, au lieu de penser à ce qu’on va bien pouvoir dire pour surenchérir.
Un endroit où l’on parle de ses souffrances, où l’on s’épargne par pudeur les détails des injustices subies (de la part d’une belle-mère, d’un chef, d’un collègue, d’un enfant).
Un endroit où personne ne va nous prendre la tête avec des récits de vacances en des lieux où nous n’irons jamais, ni de soirées où nous n’étions pas invités.
Un endroit où l’on n’a pas besoin de feindre d’aller bien, où l’on peut se montrer faible, en larmes, malheureux, triste, désemparé, perdu…
Un espace de parole libre et vraie. Un don rare.

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