Archive de la catégorie «Témoignages»
Le programme et le dédoublement de personnalité

J’ai trouvé dans la page du 28 juillet de “Aujourd’hui seulement” des Emotifs Anonymes, une information que je n’ai jamais lue nulle part ailleurs.
Quand je “performe”, je me sépare en deux moitiés, le performant et l’observateur critique. Essayer de “performer” donne à ce critique toujours présent en moi l’occasion de lâcher une dose de haine de soi…
Malgré tout le travail sur moi réalisé depuis des années, je retrouve, peut-être quand je suis plus fragile, cet observateur intérieur, cette petite voix détachée de mon moi qui décrit mes actes et me juge. Le plus souvent, elle répond à mon besoin d’être valorisée, mais si le succès n’est pas au rendez-vous, elle me met plus bas que terre en constatant l’échec et la catastrophe.
Au contraire
Quand je participe… être le vrai moi détruit les besoins de cette critique intérieure. Je prends conscience que mes échecs sont plus valables à ma croissance émotive que n’importe quel de mes succès. Mon passé a souvent démontré que mes succès me cachaient temporairement la réalité de mes limites humaines.
En tant qu’être humain, je suis quelqu’un de valable, il me suffit de participer.
Ce qui nous enchante…

Pour moi, la prière, l’essayer, c’est l’adopter.
Prier pour les personnes qui me font du mal, demander de l’aide à ma Puissance Supérieure quand je suis désespérée, a toujours des effets miraculeux.
Depuis quelques temps, j’ai pris l’habitude de passer quelques instants à genoux sur un confortable petit coussin avant d’affronter mon ordinateur.
Souvent je suis peu inspirée alors je commence par remercier, faire une liste de gratitude. Alors, par flashs, des intuitions me viennent sur ce qu’il me ferait vraiment plaisir de faire dans la journée à venir, sur ce qu’il m’enchante de faire, comme j’ai lu dans un magazine.
Peu à peu, à force de pratiquer le programme des douze étapes, je suis en train de passer d’une vie faite d’abnégation, de devoirs, de labeur, à une vie où je m’éclate la plupart du temps.
Ainsi, après ma liste de gratitude du matin, je vais désormais poursuivre par la liste de ce qui m’enchante, pour aborder la journée dans la joie !
La prière
C’est un bonheur de me dire que je ne suis pas impuissante devant les problèmes des autres : en effet j’ai la possibilité de prier pour eux.
Une amie m’avait aidé à faire un inventaire de 10ème étape à propos d’une situation au travail et m’avait suggéré de prier pour la personne qui me faisait du mal. L’effet a été extraordinaire : ce n’était pas la même personne la semaine suivante !
Récemment j’ai failli péter les plombs tant ce qui m’arrivait était étrange, et je me suis résolue à prier pour être éclairée.
Dans le passé je ne priais qu’en cas de désespoir.
Depuis peu, je prie lorsque je ressens de l’angoisse au moment de démarrer une journée, je demande de l’aide pour que cette angoisse me quitte et que la journée se passe bien.
Et depuis encore moins de temps, je prie pour exprimer ma gratitude devant tout ce qui arrive de beau dans ma vie.
J’ai énormément de gratitude à exprimer pour le programme et pour les 12 étapes.
Sur le suicide…
Il m’arrive souvent ces derniers temps de me dire que tout cela est trop dur, que je n’y arriverai pas, et d’évoquer la pensée du suicide comme une libération.
Toutes les personnes à qui j’en ai parlé m’ont dit : “moi aussi j’y ai pensé, j’y pense parfois”…
Quand, c’est trop dur, je prie et mes recherches sur la prière sur le site du Passant Anonyme m’ont amenée à cette phrase qui me rappelle que les difficultés font partie intégrante de la vie :
L’agonie du désespoir persiste dans nos mémoires. L’apathie totale que nous vivions alors n’est pas facile à oublier…
… Seuls ceux qui l’ont vécue peuvent savoir ce que la personne qui souffre endure présentement dans sa dépression. Nous pouvons seulement lui prouver qu’on peut s’en sortir. En partageant notre passé, nous pouvons améliorer notre avenir et celui des autres.
Les 3M : manipuler, materner, martyre
Mon enfance dans un foyer perturbé par la névrose m’a appris que dire les choses tout simplement pouvait être dangereux. Ainsi j’ai appris à obtenir ce que je voulais par des voies détournées, en contournant les réactions de l’autre, en jouant sur les touches sensibles qui le font agir, et que je connais si bien, comme par exemple jouer à la martyre…
Oui dire les choses simplement, exprimer mes besoins et mes désirs, peut générer des réactions chez l’autre, mais ce sont les réactions de l’autre, elle ne m’appartiennent pas, j’apprends à les affronter, à les supporter, à y survivre.
Materner, c’est encore et toujours mon hobby. Prévenir les besoins des autres, proposer des aides non sollicitées, donner encore et toujours, ce qui conduit à la lassitude, au ressentiment (“après tout ce que j’ai fait, comment se fait-il que ? “), à l’impression d’être martyre.
Je découvre que je suis la personne qui me martyrise le plus.
Réunion Al-Anon à la télévision
Une émission sur l’entourage des malades alcooliques avec témoignages et film d’une réunion aura lieu sur France 5, le 30 janvier à 14h30, dans le cadre du Journal de la santé.
L’occasion pour ceux qui ne connaissent pas de mieux comprendre le déroulement d’une réunion et la façon dont Al-Anon peut aider dans la vie auprès d’une personne alcoolique
Une quatrième étape thématique

Le livre de Melody Beattie (Codependent’s guide to the 12 steps) propose comme activité autour de la quatrième étape de s’attaquer à une question qui nous préoccupe.
J’ai commencé cette étape avec d’énormes ressentiments concernant plein de personnes et institutions au travail… pour finir par découvrir que j’avais finalement de bien maigres ressentiments.
Dans cet inventaire de quatrième étape, j’ai recherché, sur la suggestion de Beattie, les situations où je me sentais coupable bien que je n’aie rien à me reprocher.
C’est mon problème actuel, je suis dans le cerveau des autres, et j’intériorise toutes leurs attentes, toutes leurs façons de penser, tous leurs reproches supposés. Je cherche encore et toujours à être parfaite… à leurs yeux…
En plus, les autres me font peur, et la peur est, avec le ressentiment, mon pire ennemi. Je ne suis pas moi-même avec ces personnes dont j’ai peur, je ne leur réponds pas correctement, je dis ce que je crois qu’ils veulent entendre, je ne sais pas m’expliquer, et si je crains tellement les reproches, c’est parce que je crains de ne pas savoir y répondre.
Enfin, j’ai un dernier problème (identifié pour aujourd’hui), j’ai peur d’être lourde, d’être à peine tolérée, de faire perdre du temps aux autres, de leur coller aux basques, d’où une attitude toujours humble et suppliante qui met certains mal à l’aise. J’ai le droit de m’imaginer que certains ont peut-être envie de ma compagnie, et que c’est leur problème, non le mien, s’ils s’ennuient, et que c’est leur responsabilité de prendre congé et de s’éloigner.
Rendre quelqu’un amoureux…
(voir aussi le commentaire de ce billet)
Je voudrais expliquer mieux en quoi cette – allez on va dire déficience, ou plutôt trait de caractère – se rapporte à la codépendance. Ce n’est pas une décision consciente du genre “Tiens, je vais rendre cette personne amoureuse de moi”. Cela se construit dans le cadre d’une relation inauthentique. Je repère quelqu’un qui souffre, je me demande comment je pourrais l’aider, je me mets à l’accabler de petites attentions non sollicitées (un sourire, une invitation à un café, un coup de téléphone). C’est là qu’une deuxième déficience-trait de caractère entre en oeuvre – sans doute la mauvaise estime de soi -. A un moment, je découvre dans le regard de cette personne un signe qu’il m’aime bien, qu’il commence à s’attacher, voire qu’il est surpris et incrédule de mes attentions à son égard. Et, peut-être parce que cela rencontre mon propre besoin d’être aimée et reconnue, je vais me mettre à souffler sur la lueur que j’ai vue, je vais attiser la braise jusqu’à la transformer en passion à mon égard. Passion que je ne partage malheureusement pas, mais que je vais éventuellement feindre, dont je vais même essayer de me convaincre, pendant un certain temps, jusqu’à ce que cela devienne trop dur, trop pesant, malgré tous mes efforts.
Aujourd’hui j’ai pris conscience de ce comportement, et j’ai appris à l’éviter…
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