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6ème étape : quand les défauts de caractère tombent comme des mouches…

J’étais très perturbée les jours qui ont précédé ma rencontre avec une amie, un autre être humain à qui j’allais avouer la nature exacte de mes torts (5ème étape).

Elle m’a suggéré, pour certains de mes défauts de caractère, de commencer par les accepter au lieu de toujours lutter contre eux. Nous n’en avons pas tout à fait fini avec cette étape, mais l’essentiel a été dit - pour aujourd’hui - et j’ai commencé à travailler la 6ème étape. C’est à dire à me poser quelques questions tirées du livre “Les voies du rétablissement”.

Suis-je disposée à laisser aller tous mes défauts de caractère ?

Certains défauts de caractère m’ont-ils été utiles dans le passé ?

Suis-je disposée à témoigner de la façon dont je vis cette étape ? 

J’avais une demande spécifique à ma PS*, celle de m’enlever ce préjugé qui me pousse à porter un jugement - négatif -  dès le premier regard sur les gens que je croise. Et quel bonheur de m’apercevoir que je me suis dit plusieurs fois : “Tiens, comme cette personne a l’air intéressante !”

Alors oui, je suis disposée à laisser enlever tous mes défauts de caractère. Et ma PS m’a offert plusieurs journées extraordinaires où à la fois : je ne laisse pas quelqu’un me faire sentir laide et bête, je laisse tomber de vieilles rancoeurs, je suis honnête, je rencontre des gens que j’aime bien, je me détends avec certaines personnes, je suis capable de communiquer de façon honnête et simple, sans mes freins habituels comme la peur du regard des autres et la prise en charge de leur sentiments.

Et ce n’est pas tout, je me surprends à accepter les remarques et les suggestions sur ma façon de mener mon travail. Et j’ai rangé mon bureau.

*PS : puissance supérieure = Dieu tel que je le conçois

Al-Anon est pour les écorchés vifs

Tant d’êtres bourrés de revendications et de mal-être, pourraient bénéficier d’Al-Anon.

Le contact des amis qui pratiquent le programme de rétablissement en douze étapes m’a appris qu’il ne sert à rien de se répandre et d’énumérer ses malheurs et ses griefs (envers l’alcoolique, envers sa belle famille, envers la société, envers ses collègues de travail, etc…).

La réunion a ce caractère frustrant qui fait qu’on ne peut déposer sur la table qu’une partie de son fardeau, celle qui pèse le plus lourd (pour laisser aux autres la possibilité de s’exprimer aussi). Ce faisant, il faut bien passer sur les détails, aller à l’essentiel, se dire : “Est-ce si important ?”.

On peut abandonner des grands pans de ses problèmes, simplement en priant pour celui qui nous a fait du mal (une prière non directive, pas une du genre “qu’il souffre tout ce qu’il m’a fait souffrir” mais plutôt “que les souffrances qui le rendent si méchant soient soulagées”).

On a aussi le choix de se laisser obséder par une situation ou tout simplement de tourner son attention ailleurs.

Le programme, les réunions, la littérature, vont permettre un grand ménage intérieur, menant à une vie claire et lumineuse, non obscurcie par le ressentiment (comme ce ciel).

ciel-calme

Travailler les étapes

Une amie britannique m’a donné une feuille-guide très utile.

Sur l’une des pages, trois colonnes :

  1. J’ai du ressentiment pour ou J’ai peur de
  2. La cause (une très large colonne)
  3. Ceci affecte (cases à cocher:
  • estime de moi
  • sécurité
  • ambition
  • relations personnelles
  • relations sexuelles
  • fierté/honte
  • (peur)

De l’autre côté une série de questions en rapport avec une étape, je vous laisse trouver laquelle : “Après avoir enlevé de nos esprits les torts que les autres nous ont faits, nous avons résolument cherché nos propres erreurs… Nous avons admis nos torts honnêtement…”

… dans cette situation donnée…

  • Où étais-je égoïste, centré sur moi-même ?
  • Où étais-je malhonnête ?
  • Où étais-je effrayé ?
  • Où étais-je responsable ?
  • Quelles décisions ai-je prises basées sur mon ego qui m’ont causé plus tard de la souffrance ?
  • Où dans mon passé puis-je me rappeler avoir pris ce genre de décision (aussi tôt que possible)

et finalement : Quelle était ma responsabilité ? 

La première fois que j’ai fait ce genre d’inventaire, ça m’a fait une boule au creux de l’estomac, puis cela m’a conduit à un affrontement bénéfique avec un collègue, qui m’a traumatisée pendant une longue semaine…

Il me semble que pratiquer ce genre d’inventaire m’aide dans tous les domaines de ma vie, et particulièrement au travail.

Vocabulaire de rétablissement

Rétablissement : le fait d’aller mieux (un jour à la fois).

source : Melody Beattie Codependent’s guide to the twelve steps (traduction et résumé libres).

Addiction : un comportement pour lequel nous n’avons pas de contrôle, qui nous fait du tort mais que nous persistons à avoir.

Agenda caché : un plan secret ou une liste de besoins cachés dont on ne parle pas mais qui contrôle nos relations avec les autres. Pour le rétablissement, il vaut mieux éviter les gens avec un agenda pas sain (par exemple qui ont le besoin d’utiliser les autres et d’abuser d’eux).

Compulsions : des choses qu’on ne peut s’empêcher de faire. Dû souvent au fait de ne pas éprouver nos sentiments. Les comportements compulsifs nous aident à échapper à nos sentiments.

Contrôler : essayer de forcer les évènements, les comportements, la vie. Souvent c’est la peur qui nous pousse à vouloir contrôler.

Déni : le fait d’ignorer ce qui se passe, même sous nos yeux. Nous faisons cela pour nous protéger jusqu’à ce que nous soyons prêts à affronter la vérité.

Détachement : la première leçon de rétablissement. Apprendre les limites entre nous et une autre personne, lâcher prise vis-à-vis des autres, sur ce que nous ne pouvons pas contrôler, sur ce que nous ne pouvons pas changer.

Etre qui nous sommes : être vrai avec nous-mêmes, s’autoriser à exister, s’aimer, s’accepter, se chérir et se nourrir (spirituellement).

Lâcher prise : se donner la permission de se relaxer, et laisser les évènements arriver.

Limites : jusqu’où aller avec les autres, jusqu’où leur permettre d’aller avec nous.

Maternage : se sentir responsable des autres, de leurs sentiments, de leurs pensées, comportements, problèmes, choix et vies. Le maternage nous fait nous sentir utilisés, victimisés, non appréciés, et impuissants dans nos efforts.

Problématique : un point de débat et de controverse, un sujet qui doit être résolu.

Manipulation : essayer d’obtenir ce que nous voulons d’une manière indirecte et malhonnête, parce que nous avons peur de demander ce que nous voulons et d’essuyer un refus.

Nourrir (spirituellement) : tout ce qu’on fait pour cultiver la croissance et les sentiments sains, pour se sentir bien.

Obsession : utilisation de toute son énergie mentale dans des pensées improductives, souvent à propos d’une personne ou d’une situation.

Posséder son pouvoir (Owning our power ~être soi-même) : prendre la responsabilité de soi-même, de penser, ressentir, résoudre les problèmes et trouver son chemin. Pour cela, dire notre vérité, fixer des limites appropriées, ne pas tolérer les abus ou mauvais traitements, et parfois, être vulnérable.

Ressentiment : les ressentiments sont des sentiments de colère que nous n’avons pas traités, résolus, ou sur lesquels nous n’avons pas lâché prise. Ils se développent sur un fond de colère qui n’a pas été complètement ressenti.

Se rendre : accepter, laisser tomber, et laisser sa vie advenir. C’et un concept spirituel.

Travail non terminé : problèmes non résolus, sentiments, incidents passés qui constituent des problématiques auxquelles nous devons nous attaquer (commencer à les étudier).

Victime : quelqu’un qui souffre par sa faute ou la faute des autres. Nous croyions que nous étions des victimes. Nous savons que nous n’en sommes pas.

Une quatrième étape thématique

matin
Le livre de Melody Beattie (Codependent’s guide to the 12 steps) propose comme activité autour de la quatrième étape de s’attaquer à une question qui nous préoccupe.

J’ai commencé cette étape avec d’énormes ressentiments concernant plein de personnes et institutions au travail… pour finir par découvrir que j’avais finalement de bien maigres ressentiments.

Dans cet inventaire de quatrième étape, j’ai recherché, sur la suggestion de Beattie, les situations où je me sentais coupable bien que je n’aie rien à me reprocher.

C’est mon problème actuel, je suis dans le cerveau des autres, et j’intériorise toutes leurs attentes, toutes leurs façons de penser, tous leurs reproches supposés. Je cherche encore et toujours à être parfaite… à leurs yeux…

En plus, les autres me font peur, et la peur est, avec le ressentiment, mon pire ennemi. Je ne suis pas moi-même avec ces personnes dont j’ai peur, je ne leur réponds pas correctement, je dis ce que je crois qu’ils veulent entendre, je ne sais pas m’expliquer, et si je crains tellement les reproches, c’est parce que je crains de ne pas savoir y répondre.

Enfin, j’ai un dernier problème (identifié pour aujourd’hui), j’ai peur d’être lourde, d’être à peine tolérée, de faire perdre du temps aux autres, de leur coller aux basques, d’où une attitude toujours humble et suppliante qui met certains mal à l’aise. J’ai le droit de m’imaginer que certains ont peut-être envie de ma compagnie, et que c’est leur problème, non le mien, s’ils s’ennuient, et que c’est leur responsabilité de prendre congé et de s’éloigner.

La colère

Le livre “L’espoir pour aujourd’hui”, bien que destiné aux enfants adultes des alcooliques, me semble bien convenir aux codépendants. Je me retrouve dans toutes les pages, en remplaçant parent alcoolique par parent malade ou indisponible.

Je découvre que la colère est le sentiment qui me nuit le plus.

Chez moi, la colère n’est pas visible, ni explosive, elle se manifeste dans des écrits satiriques et des critiques cinglantes. Manifester sa colère n’est pas concevable dans ma famille et dans mon éducation.

J’éprouve une immense colère d’avoir cru tout ce que j’ai cru, et d’avoir collaboré avec des tyrans pour me martyriser en victime consentante.

J’ai aimé cette idée : apprendre à exprimer honnêtement et calmement ma colère. C’est un pas de plus vers le chemin qui conduit à apprendre à être soi.

Littérature Al-Anon

Une amie Al-Anon m’a dit que la littérature Al-Anon était la seule autorisée à privilégier, car c’était la puissance supérieure d’Al-Anon qui en dictait l’écriture.

Soit, mais qui peut prétendre n’être qu’Al-Anon ?

Les enfants d’alcooliques ont de fortes chances d’être codépendants.

Et un Al-Anon peut aussi être alcoolique, outremangeur, dépendant des narcotiques.

Al-Anon dit aussi : prenez ce qui vous plaît et laissez le reste. Alors, dans les différentes littératures, je prends ce dont j’ai besoin pour avancer. Le livre “Douze étapes pour les codépendants” m’aide beaucoup.

Il me semble qu’Al-Anon aurait tout à gagner à ne pas se séparer des autres programmes en douze étapes.

Par contre, je suis tout à fait d’accord de ne pas lire Jacques Salomé en réunion.

Al-Anon ; douze etapes ; codependance

Prendre en charge les attentes (supposées) des autres

lausanneParmi les particularités de caractère (déficiences) dont je prends conscience et que je laisse ma PS éliminer, c’est ma propension maladive à prendre en charge les sentiments des autres.

Par exemple, je me projette dans le cerveau de telle ou telle personne de mon entourage, et je formule à sa place des attentes, et j’y réponds sans que la personne ait quoi que ce soit à demander.

Ainsi, je ne la laisse pas exprimer ses besoins d’une part.

Je peux me tromper dans ce que j’invente d’autre part.

Je me fais l’esclave de désirs hypothétiques qui me prennent la tête et me rongent le cerveau.

Par exemple je me dis que telle personne de mon groupe Al-Anon aimerait être rassurée sur la place qu’elle occupe dans le groupe, par un coup de téléphone. Pourtant, lui téléphoner, c’est être encore et toujours dans le contrôle. C’est lui éviter de poser la question (si elle se la pose…)

codépendance ; douze étapes

Echouer pour être aimée…

La quatrième étape suivie d’une sorte de cinquième (avouer à un autre être humain, à mon groupe en l’occurence, la nature exacte de nos torts), m’a propulsée dans la sérénité pendant près de deux mois.

Je suis injuste avec le programme puisque je l’oublie quand tout va bien.

L’appréhension d’une période un peu plus difficile sur le plan professionnel m’a fait renouer avec le programme.

Je lis Melody Beattie (Codependent’s guide to the twelve steps, pas encore traduit en français).

Elle nous suggère de remplacer le terme défauts de caractère par particularités de caractère.

La sixième étape nous dit : “Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu (tel que nous le concevons) élimine tout ces défauts de caractères”.

Il suffit de consentir et ça marche : on commence à se rendre compte des particularités de son mode de fonctionnement qui nous empoisonnent la vie.

Ainsi, quand tout va bien, une petite voix angoissante au fond de moi me souffle que, si je réussis trop bien, les gens vont se mettre à me détester…

codépendance douze étapes

La 4ème étape

 extraits du Big Book : Alcooliques Anonymes, Chapitre V, Notre méthode

… Nous avons cherché les faiblesses de notre personnalité qui avaient causé notre faillite…

Le ressentiment est l’ennemi N°1.

… Nous avons dressé la liste des personnes, des institutions ou des principes qui suscitaient notre colère. 

… Sur la liste de nos ressentiments, nous avons inscrit la nature de notre blessure en nous demandant quel aspect de notre vie avait été atteint : notre amour-propre, notre sécurité, nos ambitions,  nos relations personnelles, nos relations sexuelles.

… Nous avons soigneusement passé en revue toutes nos craintes en les écrivant même si aucun ressentiment n’y était rattaché. 

Faire la liste de mes ressentiments m’a beaucoup aidée à réfléchir, à y voir plus clair. Inclure les institutions dans les causes a été extrèmement bénéfique.  D’énormes pans de ressentiments sont tombés, laissant place à une grande tristesse. J’ai l’impression qu’il s’agit maintenant d’un processus de deuil vis-à-vis des ambitions perdues.

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